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Article paru dans le numéro 90 de LMDP (septembre 1997) - Mise à jour 08.2017:

© LMDP Copie autorisée pour usage pédagogique non lucratif et avec mention de la source

La Bruyère en filigrane

Regards croisés sur le portrait

introduction et extraits étudiés * LB pour mieux se connaître (DA) * un portrait de LB pour un curriculum vitae (CM) * sous le portrait, le contrat de lecture (LM) * LB: modèle scénique, modèle encyclopédique (VD)

Classes de 4e: récits de Damien Avet (DA), Christian Munster (CM) et Luc Muselle (LM) ... et avec le Professeur Louis van Delft (VD), sur France-Culture

Dans cet article, trois professeurs de 4e proposent chacun une séquence autour ou à partir de La Bruyère.

Nous y ajoutons la transcription d'un extrait de l'émission diffusée en novembre 1996 sur France Culture dans la série Les chemins de la connaissance, avec le Professeur Louis van Delft, auteur de La Bruyère ou du Spectateur, Biblio 17, Papers on French Seventeenth Century Literature, 1996. – Voir la bibliographie à la fin de cet article.

On s'en rendra compte: l'auteur des Caractères se trouve au point de départ ou au croisement de multiples pistes! Aussi bien nos trois collègues que le Professeur van Delft soulignent la richesse de ces confluences:

* l'histoire des genres, des modes et des idées

* le moi qui se dérobe et le moi qui s'exhibe

* l'écrit et la parole pour connaître l'autre et soi-même

* le portrait: une forme d'argumentation

* de la connaissance du moi à l'expression du moi

* la sensibilité contemporaine dans le portrait de soi ou de l'autre

* l'entraînement aux variations d'écriture

* le portrait au théâtre

Etc.

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Portraits choisis

 par Damien Avet:

Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi; c'est un homme universel, et il se donne pour tel: il aime mieux mentir que de se taire ou de paraître ignorer quelque chose. On parle, à la table d'un grand, d'une cour du Nord: il prend la parole, et l'ôte à ceux qui allaient dire ce qu'ils en savent; il s'oriente dans cette région lointaine comme s'il en était originaire; il discourt des mœurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes: il récite des historiettes qui y sont arrivées; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu'à éclater. Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu'il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur. "Je n'avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d'original: je l'ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j'ai fort interrogé, et qui ne m'a caché aucune circonstance." Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu'il ne l'avait commencée, lorsque l'un des conviés lui dit: "C'est Sethon à qui vous parlez, lui-même, et qui arrive de son ambassade."

par Christian Munster:

Que faire d'Égésippe, qui demande un emploi? Le mettra-t-on dans les finances, ou dans les troupes? Cela est indifférent, et il faut que ce soit l'intérêt seul qui en décide, car il aussi capable de manier de l'argent, ou de dresser des comptes, que de porter les armes. "Il est propre à tout", disent ses amis, ce qui signifie toujours qu'il n'a pas plus de talent pour une chose que pour une autre, ou en d'autres termes, qu'il n'est propre à rien. Ainsi la plupart des hommes occupés d'eux seuls dans leur jeunesse, corrompus par la paresse ou par le plaisir, croient faussement, dans un âge plus avancé, qu'il leur suffit d'être inutiles ou dans l'indigence, afin que la république soit engagée à les placer ou à les secourir; et ils profitent rarement de cette leçon si importante, que les hommes devraient employer les premières années de leur vie à devenir tels, par leurs études et par leur travail, que la république elle-même eût besoin de leur industrie et de leurs lummières, qu'ils fussent comme une pièce nécessaire à tout son édifice, et qu'elle se trouvât portée par ses propres avantages à faire leur fortune ou à l'embellir.

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I.

Γνωθι σεαυτον ou: La Bruyère pour mieux se connaître

Ou encore: l'écriture, comme pratique de socialisation!

Damien Avet, ISJND, Jumet

1. Premier objectif: Ce travail sur le portrait s'intègre dans une activité d'écriture (en groupes de deux) sur le fantastique. Maupassant m'avait fourni les procédés d'authentification pour amorcer les nouvelles. Il fallait encore initier les élèves à la description, importante dans l'introduction du récit fantastique.

        Par ailleurs, le choix du portrait de La Bruyère, Arrias, est en fonction d'un second objectif:

Apprendre à mieux connaître les autres et, à travers eux, à mieux se connaître soi-même.

2. Contexte:

La classe de 4e de cette année est assez "difficile", composée d'élèves peu solidaires, très froids dans leurs rapports de groupe, chacun ayant ses a priori sur son voisin et étant peu disposé à aller vers l'autre ou simplement à l'écouter.

3. Comment?

1. Étude des portraits (ex. Arrias)

Double utilité: en plus du but visé par cet exposé, il permet aussi d'affiner la technique de description pour un exercice de composition romanesque en cours.

2. Relevé, dans le texte choisi, des moyens pour décrire: adjectifs et adverbes, verbes d'action.

N. B.: D'habitude, on a l'impression que la description est très statique, qu'elle fonctionne essentiellement avec le verbe "être".

3. Après cet apprentissage, passons aux travaux d'écriture:

a/ Chaque élève devra décrire un condisciple mais de façon anonyme:

pas question de donner de nom ni de caractéristiques physiques reconnaissables (Ex. : Il a les cheveux blonds, ou Il mesure au moins un mètre nonante). Seul le professeur connaît le propriétaire du portrait réalisé. Aux élèves ensuite de le retrouver!

b/ Chacun se décrit anonymement, selon les mêmes critères, seul le professeur connaissant le propriétaire du portrait. Aux autres, ensuite, de deviner qui s'est ainsi décrit.

N. B.: L'ordre des deux exercices d'écriture peut être interverti.

4. Note finale pour l'objectif fixé au départ: Les élèves décrits par leurs condisciples peuvent réagir, oralement ou par écrit, au(x) portrait(s) qui les concerne(nt).

5. Le même travail pourrait être fait avec, pour sujets, certains professeurs ou des éducateurs ou les directeurs... Seules les réactions sont à craindre!

6. On peut également inclure dans des portraits d'élèves des anecdotes connues d'eux, voire reprendre et transposer d'autres anecdotes. La Petite Gazette du journal Le Soir (dernière page) fournira à volonté des détails cocasses ou drôles d'histoire survenues à nos contemporains.

7. Et si c'était à refaire...

Ce parcours "La Bruyère" n'avait pas été initialement prévu pour 96-97. Lancé au 3e trimestre, il venait trop tard en regard des objectifs poursuivis, surtout du second: apprendre à se connaître... alors que les examens et les grandes vacances approchaient, il a perdu un peu de son sens et de son intérêt. C'est pourquoi je me propose, l'an prochain, de commencer avec ce parcours... dès les toutes premières heures de cours. Peut-être même ce travail pourrait-il (devrait-il?) se faire en 3e et non en 4e: c'est en effet au début du deuxième degré que les classes sont formés, et la 4e année n'y apporte que de rares changements.

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II.

D'un portrait de La Bruyère au curriculum vitae

Christian Munster, ISJ, St-Hubert

Que ferai-je plus tard? Comment construire ma vie? Quelle est la recette de la réussite professionnelle? Ces questions hantent l'esprit de nos élèves avec plus ou moins d'acuité. Le temps où la main-d'œuvre était insuffisante est révolu, et obtenir un emploi s'apparente souvent au parcours du combattant. La Bruyère, en croquant le portrait dÉgésippe, nous fournit au moins deux ingrédients indissolublement liés de cette recette pour l'emploi.

Présenté de cette manière, le texte de La Bruyère éveillera l'esprit critique des élèves motivés par ce problème qui s'actualisera dans un avenir proche pour chacun d'eux.

SCHÉMA D'ANALYSE ET PROPOSITIONS DIDACTIQUES

* Faire remarquer la technique habituelle de La Bruyère de citer dès la première phrase le nom de sa "victime" mais montrer aussi que, partant d'un cas d'espèce, en l'occurrence Égésippe, La Bruyère applique sa réflexion à tous ses semblables. Le passage du singulier au pluriel et le comparatif ainsi annoncent que plus de la moitié du portrait est en fait une réflexion sur l'espèce Égésippe.

Première partie (Que faire d'Égésippe,... propre à rien)

* Analyser le cas Égésippe en insistant surtout sur le décryptage des deux premières phrases: Que faire [...] ou dans les troupes?

Telle qu'elle est posée, la première question oriente tout le portrait. ةgésippe demande un emploi, c'est à la société de le lui trouver. La Bruyère, en isolant la proposition relative par une virgule, découpe en fait la question en 2 sous-questions:

1° Que faire d'Égésippe?

2° Que faire d'Égésippe qui demande un emploi?

Égésippe incarne donc les deux problèmes à lui tout seul.

Dans la seconde question, La Bruyère ironise déjà en faisant hésiter entre deux mondes aussi différents que les finances ou les troupes. Il semble vouloir dire que notre héros est polyvalent au point de pouvoir s'épanouir indifféremment dans un travail plutôt intellectuel ou dans un travail plus physique et plus bousculé que celle d'un rond-de-cuir.

La dernière phrase concernant Égésippe émet deux expressions courantes propre à tout et propre à rien, diamétralement opposées dans le lexique mais curieusement symétriques sémantiquement. Ne dit-on pas, en effet, que le propre à tout (aujourd'hui, on dirait un touche-à-tout) ne sait rien faire convenablement?

* A ce stade de l'analyse, on pourrait faire un débat sur ce problème actuel: de l'utilité de la spécialisation à outrance.

Pour s'insérer le mieux possible dans notre société, faut-il être un touche-à-tout ou un spécialiste? Débat que l'on peut alimenter en observant déjà l'évolution de l'école qui a eu, il y a quelques années, tendance à spécialiser de plus en plus tôt et qui aujourd'hui tend à revenir à une formation plus globale, plus générale.

Deuxième partie: (Ainsi la plupart... ou à l'embellir.)

"L'homme pour la société ou la société pour l'homme"

* Bien mettre en évidence que pour La Bruyère, c'est l'homme qui doit agir de telle sorte que la société ait besoin de lui et non l'inverse.

* Insister sur la construction remarquable de la période. Dans la première partie, il porte un jugement très sévère sur ces hommes qui attendent tout de la société (on les appellerait aujourd'hui des parasites) en expliquant l'origine de leur état d'esprit:

l'égocentrisme (occupés d'eux seuls dans leur jeunesse), la paresse, la recherche du plaisir aboutissent à former des adultes dépendants de la société. Par contre, dans une proposition plus moralisatrice, La Bruyère évoque les conditions pour devenir un individu nécessaire au bien-être de la société: les études et le travail.

* Ici un autre débat pourrait s'engager. Nombreuses sont les personnes qui ont appliqué ou qui appliquent ces conseils de La Bruyère, mais il faut remarquer que dans notre société, le plein emploi est une utopie et la société ne peut pas faire appel à tous les motivés. De nombreux diplômés perdent progressivement courage et se démoralisent. Certains tombent, malgré eux, dans une dépendance vis-à-vis de la société qui doit leur fournir un minimum vital mais sûrement pas un moyen de s'épanouir.

Pour un prolongement au troisième degré...

Une réflexion de type philosophique pourrait aisément se concevoir avec des élèves de 6e sur le rôle de la société. Beaucoup de philosophes ont en effet abordé ce problème sans nécessairement atteindre un consensus. La société est-elle utile à l'épanouissement de l'indididu? Nos sociétés hyper-réglementées n'annihilent-elles pas la liberté naturelle de l'individu? Voici à ce sujet quelques références intéressantes:

Kant, La valeur sociale de l'homme, in Idées d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique.

Durkheim, La détermination du fait moral, in Sociologie et philosophie, Alcan, 1924.

Thomas Hobbes, Le citoyen, in De Cive, livre II, chapitre X, 1.

* En classe de 4e, à l'issue de ce parcours, on pourrait aisément s'attaquer à la technique du curriculum vitae et imaginer des exercices pratiques où les élèves, répartis en deux groupes, feraient une demande d'emploi à la manière d'ةgésippe et l'autre groupe appliquant les conseils de La Bruyère.

In fine, chaque élève construit son propre curriculum vitae en essayant d'appliquer les techniques modernes que nous offre notamment le traitement de texte.

"Vous le voyez..." 

Parfois (...), La Bruyère accumule les gags d'un numéro de cirque, à la Devos, ou à la façon des premiers films de Charlot. Avec son Ménalque, il épuise toutes les situations comiques dans lesquelles peut se trouver un distrait. Ménalque se promène en bonnet de nuit, rasé à moitié, les bas rabattus sur les talons, la chemise par-dessus ses chausses. Il entre dans sa maison et en sort précipitamment: il ne la reconnaît pas. Il se trompe de carrosse, en prend un qui le mène chez un inconnu où il se croit chez lui. Dans l'ombre d'une église, il s'agenouille sur un fidèle qu'il prend pour un prie-Dieu. "Il tire un livre pour faire sa prière et c'est sa pantoufle qu'il a prise pour ses Heures." A Versailles, il passe sous un lustre où sa perruque s'accroche. Dans cette séquence, La Bruyère semble inventer le cinéma.

Paul GUTH, Histoire de la littérature française, tome I, Des origines épiques au siècle des lumières, Fayard, 1967, page 400.

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III.

Sous le portrait, le contrat de lecture...

Luc Muselle, ISJB, Liège

Autopacte est un vrai savant: il sait consolider ses erreurs en en faisant courageusement la critique. Il se trompe, puis se corrige. Il se trompe aussi en se corrigeant, et se recorrige. Et il s'autorise de ce que cet exercice implique d'humilité pour le prendre de haut, ensuite, avec tous ceux qui n'ont pas eu la chance de s'égarer. Sur eux il l'emporte par l'exigence et par la lucidité. Il est la brebis perdue de l'ةvangile. Il a d'abord démontré avec brio que toutes les Anglaises sont rousses. Son talent a donné une teinte rousse à l'Angleterre, a permis d'envisager ce pays sous un nouveau jour. Puis il a fait progresser la science en découvrant là-bas d'autres et multiples couleurs. Il en a profité pour faire une magistrale étude de méthode sur les fondements de sa première erreur. Au bout du compte, les Anglaises sont comme tout le monde, mais lui est devenu un savant à la fois original et scrupuleux.

Les Caractères, II, 60

C'est Philippe Lejeune, dans Moi aussi 1, qui m'a mis sur la piste de ce texte. Il le prend comme point de départ pour examiner le contrat que passe l'auteur avec le lecteur, et, subtilement différent, celui qui va du narrateur au narrataire.

Il me semblerait intéressant, à partir de ce texte qui a des allures de mise en abyme, de faire construire des grilles en s'inventant des critères, autour du portrait. Par exemple:

- autoportrait ou portrait d'autrui.

- portrait à but artistique ou mercantile.

- portrait objectif, pseudo-objectif, appréciatif ou dépréciatif.

- texte-je et texte-il.

- etc.

A partir de là, que de textes à examiner, qui vont entrer dans la grille ou l'enrichir de nouvelles cases!

- l'annonce matrimoniale, autoportrait + portrait, mercantile, pseudo-objectif, texte-il.

- la caricature, souvent dépréciative, à but parfois polémique (nouvelle case).

- l'hagiographie, portrait appréciatif, à lire au premier degré par le narrataire, peut-être au second par le lecteur d'aujourd'hui.

- portraits tirés de romans roses, très proches de l'hagiographie (du moins pour les bons).

- les signalements à la télé.

- le portrait "en creux" des offres d'emploi.

Pêle-mêle encore, l'éloge funèbre, le publi-reportage que publie un toute-boîte sur un "entrepreneur" de la région...

Le contrat est chaque fois différent.

On terminerait par l'étude du vrai, du vraisemblable, du "réel": l'effet de réel, dans une annonce matrimoniale; c'est le petit défaut qui rend humain, qui vraisemblabilise, contingence dont d'autres textes n'ont guère à se préoccuper.

L'analyse du texte de La Bruyère se ferait au début, de manière classique et rapide, en montrant de quel type de personnage il se moque, puis on pourrait, au fil des textes vus, apportés par le professeur ou les élèves, affiner cette analyse. Par exemple, en montrant que ce portrait est aussi, en filigrane, celui de La Bruyère, homme du XVIIIe qui s'appuie sur une conception de la vérité construite au départ de l'évidence et du bon sens.

Autopacte est-il vraiment revenu à son point de départ? Autrement dit, le réel n'est-il pas, au rebours des conceptions de La Bruyère, multiple et contradictoire?

L'important est-il dans la recherche ou dans ses résultats? L'erreur n'est-elle pas la base de la science? Le lecteur d'aujourd'hui, avec sa culture, n'est-il pas fort différent du narrataire que visait La Bruyère?

Toutes questions à poser.

De multiples activités de production sont envisageables: bien sûr le portrait à la manière de, la rédaction de CV, un portrait créé à partir du "Courrier du cœur" d'un hebdomadaire féminin...

J'en ai expérimenté deux:

- distribuer au hasard des Harlequin aux élèves, faire lire, à voix haute, à chacun une page au hasard; de là, créer un portrait d'héroïne.

- rédiger (en tenant compte des contingences financières) une annonce matrimoniale, répondre, étoffer le personnage, analyser l'importance de l'offre et de la demande, le type de qualités (travail, physique, cœur) mis en avant par hommes et femmes.

(Voir Pratiques, n° 56, J.-M. Privat, Les petites annonces matrimoniales ou la rhétorique des descriptions argumentatives.)

Enfin, une fois la grille construite, un beau travail de synthèse consisterait à l'utiliser pour analyser, dans le Misanthrope, la scène des portraits.

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IV.

La Bruyère: le modèle scénique, le modèle encyclopédique

«Des comédies-minutes»...

Réflexions du Professeur Louis van Delft, au cours d’une émission de France Culture sur La Bruyère (novembre 1996), animée par Christine Goémé

Mémoire du théâtre...

La Bruyère est très proche du théâtre: tous ses Caractères sont des comédies-minutes; on a vraiment l'impression d'assister à des petites scènes. Tout est plein de notations concrètes, de gestuelle, de mouvements, de mimique, et il est fort probable que le rythme même de la phrase épouse celui de l'acteur, que ces textes soient en définitive conçus pour être joués, pour être mimés. La Bruyère possède cet art consommé de nous faire passer devant les yeux des personnages qui sont aussi typés que ceux de Molière.

Théâtre de mémoire...

Tous ces "arts de mémoire", qui ne sont plus tout à fait à l'honneur au 17e siècle comme au moment de la Renaissance, sont encore très présents dans les Caractères, c'est-à-dire que ceux-ci ont aussi un aspect encyclopédique: La Bruyère fait en quelque sorte le tour de l'univers. Disons, si vous voulez, que c'est le tour du théâtre. Il reste, chez cet auteur, quelque chose de cette lecture du monde très à l'honneur au moment de la Renaissance: je pense à des auteurs comme Théodore Zwinger, auteur d'un theatrum vitae humanae (Bâle, 1565).

De Louis van Delft, auteur de La Bruyère ou du Spectateur (Biblio 17, 1996), mentionné plus haut, signalons encore:

La Bruyère moraliste. Quatre études sur les Caractères, Genève, Droz, 1971.

Le Moraliste classique. Essai de définition et de typologie, Genève, Droz, 1982.

Littérature et anthropologie. Nature humaine et caractère à l'âge classique, PUF, 1993

Le Théâtre en feu. Chroniques de Commentaire (1997)

Les Caractères de La Bruyère, 1998

La Fontaine, Contes libertins, Librio, 2004  ;

Les Spectateurs de la vie. Généalogie du regard moraliste (Presses de l'Université Laval, 2005.


Autres articles :

De Luc Muselle : Jouer aux cartes en classe: une proposition honnête* métonymie ou métaphore dans lerécit * 2e & 3e degrés http://docpedagfrancais.be/Sitelmdp/cartes.html 

De Christian Munster : La société de consommation, approche sociologique * Itinéraire de Karl Marx à Georges Perec * 3e degré http://docpedagfrancais.be/Sitelmdp/chmusoco.html 

De Damien Avet : Carpe diem pour des matheux * Réécrire pour élargir ses horizons culturels * 3e degré http://docpedagfrancais.be/Sitelmdp/carpediem.html 

début article

Site de l’Encyclopédie de l’Agora

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Jean_de_La_Bruyere 

Autres articles téléchargeables parus dans LMDP : http://home.scarlet/be/lmdp/archives.html

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