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SOMMAIRE 

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16 août 2017 : JULIBEL a franchi le cap des 9000 fiches !

Les brèves de LMDP : septembre 2017

Copie autorisée pour usage pédagogique non lucratif et avec mention de la source

Sommaire

1. Affiches de la sécurité routière :

Les ressources du langage pour expliquer et pour convaincre

2. Jérusalem, Belgique, Berlin, Liège, Bercy, Afrique, Chambord, Tchernobyl

Quand le lieu inspire...

Réemploi, sonorité, anagramme, équivalence, allusion...

Et propositions pour créer

3. Petits potins dans le salon de la libraire [mai-septembre 2017]

Michel Winock, Madame de Staël, La passion de la liberté

Rachid Benzine & Ismaël Saïdi, Finalement, il y a quoi dans le Coran ?

Victor Martin-Schmets, Oeuvres complètes de Céline-Arnauld-Paul-Dermée, t. 3-4-5

Edouard Philippe, Des hommes qui lisent

Éric Orsenna , La Fontaine, une école buissonnière

Régis Debray, Le nouveau pouvoir

4. Le coin lecture de LMDP * Brèves recensions

Alain Corbain, Histoire du silence - De la Renaissance à nos jours

Gilles Lipovetsky, De la légèreté

Roger-Pol Droit, La tolérance expliquée à tous

Édito

 « une remise en cause fondamentale de l'histoire littéraire... »

(...) toute réalité, tout objet est traversé de temps multiples, ne serait-ce que parce qu'ils n'existent que dans la perception d'un autre, qui les désynchronise pour les resynchroniser autrement. (178)

La survivance ici est une remise en cause fondamentale de l'histoire littéraire. Tout présent fait resurgir le passé de longue durée, à la fois comme symptôme et comme ancienne prophétie à vérifier. (180)

(...) [.la coupure entre le passé comme objet de l'étude et le présent comme lieu de l'enquête] est artificielle dans la mesure où le passé n'existe que lorsqu'il est réactualisé par le présent. (181)

[L'auteur propose ici] un programme difficile, tant il s'oppose à nos pratiques.(182)

 

Lionel RUFFEL, Brouhaha * Les Mondes du contemporain, Verdier, 2016, 220 p.

 

1

 

Affiches de la sécurité routière 

 

Expliquer, convaincre : les ressources du langage, verbal ou non verbal

 

L'homme-sandwich prend le bus * Le son et le sens * Hier, le drame ; aujourd'hui, la question.

 

 

Il n'y pas que l'alcool  il n'y a pas que la vitesse, il n'y a pas que la fatigue, il n'y a pas que l'agressivité, qui mettent en danger le conducteur, ses passagers et d'autres autres usagers de la route.

 De plus en plus d'accidents sont dus, également, à l'usage au volant  du téléphone, du texting, voire... du Pokemon GO : un « distracteur de conduite » qui procure cette illusion, ce mirage de la convivialité immédiate, du "bonheur à portée de main".

C'est cette illusion en puissance de mort que visent à dénoncer fréquemment des campagnes de la sécurité routière.

Selon l'organisme gouvernemental de la Sécurité routière (cité par L'Express, 30.05.2017),   téléphoner au volant multiplie par trois le risque d'accident. A ce jour, un accident corporel sur dix est lié à l'utilisation du téléphone.

 

 

A. L'homme-sandwich prend le bus... 

 

1 2 3

 

Une campagne d’affichage contre les « distracteurs de conduite »...

Ces affiches sont placardées au dos des bus dans 40 villes de France. « Un emplacement idéal pour provoquer un déclic chez celui qui s’apprête à textoter ou à régler son GPS tout en conduisant », explique le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe. 

Cette nouvelle campagne d’affichage vient compléter le message délivré par le film La dernière classe, diffusé depuis le mois d’août 2016 à la télévision sur les dangers du texting et du téléphone au volant.

 

La fabrication de l'affiche

[cette observation est « un passage obligé » si la classe projette de créer à son tour des affiches]

1. Dimensions : 128 x 75 cm

2. Typographie

    Capitales droites - alignement à gauche - police ARIAL - de même corps sur 3 lignes (hauteur env. 10 cm), puis sur 2 lignes (hauteur env. 5 cm)

3. Graphisme

    Texte blanc sur fond noir, sauf fond jaune en bas à droite

4. Support : l'arrière gauche du bus, à hauteur du regard, donc bien en vue pour le conducteur ou le motard ou le cycliste ou le joggeur qui suit et qui va peut-être entreprendre le dépassement.

    Au Royaume-Uni, en république d'Irlande, dans l'île de Malte et dans l'île de Chypre, l'affichiste choisira l'arrière droit du bus... Vous savez pourquoi ?

 

La fabrication du texte

1. Le choc des mots pour dire la réalité brutale des choses : perdre la vie - mort - mortel

2. La comparaison et le contraste : perdre la vie / jouer ; sms / mort ; réseaux sociaux / mortel ; regarder le téléphone / regarder la route

3. L'interpellation : l''emploi de votre et de vous (et de l'impératif) crée un lien fort pour agir sur le destinataire

4. L'anaphore par un pronom de reprise : une vie...: ne la perdez pas ; votre mort ...elle peut attendre ; les réseaux sociaux...c' est mortel

5. Un peu d'humour pour dire à la mort de ne pas se presser (c'est le registre de l'humour noir)

    Serait-ce un clin d'oeil intertextuel ? (Voir La Fontaine, La mort et le bûcheron)

 

B. Le son et le sens

 

Ce n''est pas seulement dans la publicité commerciale que l'on recourt à la sonorité et au rythme du message, pour mettre le sens en relief, et agir sur les comportements. Ce procédé apparaît, et de plus en plus fréquemment, dans le débat idéologique et politique, dans le monde de la culture, dans les milieux d'éducation...

Les responsables de la sécurité routière, eux aussi, jouent sur le son et sur le sens pour informer et convaincre les usagers de la route. Notons que le public jeune y est souvent mis en scène, pour rappeler - mais aussi pour être rappelé - au respect des règles.

 

 

1.

2. 3.

awsr2015 ibsr1983.06 ibsr1993.06

 

Le non verbal...

Personnages - Le bambin "vert de colère" et de peur admoneste l'adulte... (1)  Le chirurgien, apparemment concentré, constate et répare les les dégâts... (3)

Graphisme - Contraste texte clair //fond sombre, ou l'inverse ; double contraste dans l'image 3

Le décor -

    Image 1 : le virage assez prononcé avec bande blanche continue : danger probable (peut-être signifié par le rouge à  l'horizon... : soleil couchant : le soir tombe ?) La couleur connote le danger.(dégradé clair - sombre de gauche à droite)

    Image 2 : Contraste de lumière - le feu, le texte - sur fond de nuit.

    Image 3 : même contraste. Sont mis en "lumière le chirurgien et son adresse au blessé

Le verbal

Registre de parole familier dans 1 & 3 (tutoiement, négation sans ne, expression populaires : jouer au dur, tracer), langage "jeune" dans la devise Jeune, mais pas fou !

Le registre est plus grave et plus sobre dans 2 : c'est la forme déclarative du jugement sous la forme rythmée (4 + 4) d'un slogan.

Equivalences de son et de sens : dur/allure, jeu/feu, traces (verbe)/ traces (substantif), et de rythme dans 2.  

Syntaxe : trois fois la juxtaposition

Le sous-entendu du message : enfant conscient d'être mis en danger (1), une infraction peut tuer [remarquer le pluriel] (2), quel lien entre les deux phrases ? (3)

 

Dans le Rapport statistique 2014 "Accidents de la route" (paru en avril 2015), publié par l'IBSR (Institut belge pour la sécurité routière), nous relevons ces informations :

de 2005 à 2013,

le nombre de blessés passe  de 65387 à 53967,

le nombre de tués passe de 1039 à 724 (à 727 en 2014)

2013 : tués par classe d'âge :

 0-17, 26 ; 16-24 : 119 ; 25-39 : 199 ; 40-59 : 201 ; 60 & + : 179.

 tués par région :

R. flamande : 384 ; r. wallonne : 316 ; r. Bruxelles-Capitale : 24

2014 : sur 727 tués, 266 pendant le week-end

 

 

C. Hier, le drame ; aujourd'hui, la question...

 

Précaution importante :

Tel(le) ou tel(le) élève a peut-être vécu le drame d'un accident entraînant la perte d'un parent, d'un proche, d'un condisciple... 

A ce sujet, voir  l'article "Jeunes en danger" paru dans LMDP 135  (parler de la mort en classe).

 

1 2 3

ibsr201406 ibsr201007

ibsr2005.06

 

L'instant, puis la durée

Un instant, soudain, puis le handicap, peut-être pour le restant de la vie ; un instant, soudain, puis la disparition qui enferme - et pour « longtemps », et pour « toujours» - dans le remords et le chagrin.

Les moyens non verbaux

Image 1 :  arrière-plan très sombre ; enfant de neuf ans, corps immobile, apparemment raide, et peut-être immobilisé (les avant-bras posés sur l'accoudoir du fauteuil roulant ; le visage peu expressif, comme résigné, tourné vers la mère pour l'interroger..

Image 2 :arrière-plan gris, comme le costume ;  visage pâle, regard perdu, le souvenir de la jeune victime hante le cerveau : « son dernier regard vers moi »...

Image 3 :  la trousse de crayons de couleur sert d'arrière-plan : peu de teintes vives (8..., c'est l'âge de Sarah) ; le reste, du gris vers le noir) : forte connotation de vie brève, de récit interrompu, d'espoir étouffé (le crayon vert...).

Comment c'est écrit

Image 1 : Forme familière (enfantine) et insistante de la question (la personne interpellée - parent, proche ? - est hors champ...).

Image 2 : Le déterminant "un" peut s'interpréter "tout excès..." ou plutôt, sans doute, "un seul excès...". Opposition un vs longtemps. Force expressive de cette seconde phrase en un seul mot.

Image 3.: pour identifier la victime, seuls le prénom et l'âge ; c'est ça qu'on retiendra... toujours. "Ralentissez pour nous", au bas de l'image : les enfants interpellent les adultes.

 

Prolongements

Voir autres articles sur ce sujet: : Image de récit, image d'injonction * dramatiser pour persuader * l'allusion dans le message de la sécurité routière

 


 

2

 

Jérusalem, Belgique, Berlin, Liège, Bercy, Budapest, Chambord, Tchernobyl, Amsterdam, Tulle, Bastogne...

Quand le lieu inspire...

Tous les moyens sont bons !

 

Objectif et consignes * Florilège * Réciproque * Prolongements

Chronique à la mémoire - vous verrez pourquoi - d'Auguste Bert, ami-infirmier-ardéchois, faiseur de bons mots, bel humour et bonne humeur inoubliables....

 

Objectif...

Découvrir qu'un nom de lieu - le linguiste parle de toponyme - peut devenir matière à remaniements, tantôt pour le mettre en valeur, tantôt - et c'est plus fréquent - dans un registre de critique, d'humour, de dérision, de satire.

... et consignes

Rechercher (dans la presse écrite, les médias, le langage populaire, la toponymie locale...) des formes de toponymes remaniés.

Lire 

Dans le florilège ci-après, identifier et commenter les divers moyens mis en oeuvre pour refaçonner un nom de lieu : Réemploi, sonorité, anagramme, équivalence, insinuation, allusion...

Observer aussi le contexte et l'intention des auteurs : blâmer ? louer ? apaiser ? (s')amuser ? jouer sur la paronymie ? jouer sur l'opposition ?

Et c'est souvent dans plusieurs registres à la fois !

Écrire

Les élèves choisissent des noms de lieux et, pour les remanier, utilisent à leur tour, tel(s) ou tel(s) des moyens observés. C'est ce que nous appelons plus loin... la " réciproque " : l'élève prend l'initiative de jouer, lui aussi, avec les toponymes.

 

Floriliège - pardon ! - Florilège

 

1. Dans les années 90, une manif étudiante à Liège dégénère. Intervention musclée de la police locale : Liège bastonne Liège, commente Bruno Masure au 20 heures sur Antenne 2. (autres occurrences - plus récentes - de cette forme sur Internet...)

 

2. Automne 2015 : À l'initiative de François Hollande, Bercy (quartier de Paris qui désigne par métonymie le ministère de l'Économie) va diminuer les impôts. Bercy beaucoup, se réjouit  Emmanuel Berretta, dans Le Point du 15.09.

 

3. Décembre 2011 : Merkel et Sarkozy s'entendent  pour une mesure contre la dette. Commentaire du Canard enchaîné, le 7 :  Pour Standard and Poor's, cet accord Merkozy, c'est de la poudre de Berlinpimpin !

    On pointera " Merkozy ", mot-valise peu respectueux... Et aussi "Sarkel et Merko", titre de l'édito d'Éric Emptaz, le même jour.

 

4. Mars 2015, avant le premier tour des départementales, Manuel Valls, en Corrèze (fief du président Hollande), assure de sa fidélité au chef de l'État :

"Manuel Valls à Tulle et à toi avec François Hollande ", écrit Laure Bretton dans Le Point du 20.

 

5..L'exposition «Judith Leyster» au musée Franz Hals de Haarlem présente des peintures du XVIIe siècle, "portraits de femmes actives au statut social reconnu". .Amsterdam de bonne compagnie, précise Éric Aeschiman, dans Libération du 26.04.2010.

 

6. Jérusalem, vers 1998... Un enfant tué par la police lors d'une manifestation. Un anonyme lui a offert ce distique. Un hommage, un peu façon haiku :

« Je ruse mal.

Je meurs là ! »

7.. D'après Le Canard enchaîné du 16.09.2015, Marine Le Pen serait séduite par Victor Orbán et sa politique d'extrême- droite, et pourrait dire : Vive la Budapeste brune !

 

8.. Un stage de formation est organisé à Bastogne - vers 1980 - sur un nouveau programme de français au secondaire. Beaucoup de participants, et tous satisfaits, et qui laissent ce message : "Bon stage à Bastogne. Merci, Michel !."

 

9. À Liège, congrès mondial de la FIPF (fédération internationale des professeurs de français), juillet 2016. Annonce d'un concours d'écriture collective appelé... FloriLiège !

 

10. Février 1985. Corinne, 14 ans, venue de Belgique aux Sports d'hiver avec ses parents, près du Ventoux. Accident de luge, sévère fracture du fémur ! Auguste B., infirmier de la cellule d'accueil de la clinique Kennedy à Montélimar, rassure la maman inquiète : Ça ira, Madame ! Et on va lui faire une belle gigue, à votre Corinne !

 

11. Automne 2013 : entre l’élu du village et le maître du domaine de Chambord, c’est la guerre. Le premier accuse le second de prendre le pouvoir sur la commune afin de la transformer en paradis touristique. Une situation qu'Edouard Launet définit ainsi : Chambard à Chambord, (Libération, 14.10.2013).

 

12. En 2001, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), projette de créer à Bure, dans le département de la Meuse, un centre d'enfouissement. Refus catégorique des habitants, soutenus en France et à l'étranger  En témoigne, par exemple, ce néologisme répandu à profusion dans les médias, Tchernobure. Et à ce jour (2017), le débat n'est pas clos !

 

 

Réciproque... : faire jouer sur les toponymes. L'élève prend l'initiative.

 

 Trois activités ont déjà été relatées dans LMDP :

*  Revisiter les noms des rues et des places

C'est le titre d'une initiative pédagogique dans le cadre de "Habay, cité des mots" en mars 2004. Des enfants de l'école primaire entreprennent de recréer un village de rêve et de fantaisie en rebaptisant les noms des rues et des places. Voir

 

** .Toponymes et correcteur

Vous écrivez  LIBRAMONT... [c’est une localité de la province belge de Luxembourg] 

Le correcteur vous rabroue et propose librement au lieu de Libramont. Ça vous inspire, sans doute, pour associer, sous la forme d'une devise, d'un titre, d'un court récit... :

Libramont librement, soulignant, par exemple, le franc-parler du Libramontois, ou encore son respect de la divergence... 

L'idéologie pointe vite, dans le "choc des mots" !

Autres exemples : Le correcteur vous proposera Didon pour Dison, périlleux pout Périgueux, séviras pour Séverac, booléen pour Bollène, gallican pour Gaillac...

Mais s'il ne propose rien, c'est à vous de "tordre ou défigurer ou malmener" la forme, par exemple : charlatan pour Charleroi, tournis pour Tournai, marmelade pour Martelange, versatile pour Versailles, Marcel pour Marseille... 

Que diriez-vous de " Énée aima Didon à Dison ", ou de " Marseille :  le bonheur pour Marcel ! "

*

Le plus important dans ce genre de création, c'est sans doute la justification faite par l'élève de la forme retenue: "En écrivant ça, je veux signifier que..." * "Ce que j'ai écrit, ça peut concerner telle situation, telle personne..."            

Commenter son langage, rendre compte des moyens utilisés, c'est du métalangage, c'est de la métacognition; c'est  à la fois valoriser la créativité et mettre en place des savoirs. Voir

 

***  Dissimuler des noms de pays. Mais aussi des prénoms, des noms de chanteurs...

Par exemple :

Il y a des voitures qui circulent dans les rues sinueuses. C'était un mec si costaud que le pot de grès se brisa. (4 pays)

Le jardin est en fleurs, les arbres grandissent tellement vite qu'on a dû tronçonner les grosses branches. (2 chanteurs)

Je veux une littérature un peu martiale, claire, transparente, où, sous une stylistique reine, ne subsiste plus que l'ennui des maximes, une littérature évacuée de ces gens qui prennent des trains de banlieue.... (5 prénoms)

À vous de dissimuler et de faire découvrir !

 

Prolongements : autres activités, sous le titre « Quand j'entends ça, j'écris quoi ? »

Pratiques d'écriture pour observer le son et le sens


3 

Petits potins dans le salon de la libraire

 

(...) est illettré, pour moi, le lecteur qui refuse qu'on dérange ses habitudes de lecture (...)

Louis Dubost, professeur de philosophie.

 

 

avril 2017

À l'occasion du bicentenaire de la mort de Madame de Staël, Michel Winock, spécialiste de la Révolution française, publie chez Laffont, dans la collection Bouquins, Madame de Staël, La passion de la liberté, 1056 p., 32 €. Ce volume contient : De l'influence des passions sur le bonheur Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution Considérations sur la Révolution française Dix années d'exil.

L'occasion de (re)découvrir celle qui a combattu pour le féminisme, pour une Europe des libertés intellectuelles. "En Europe, il fallait compter trois puissances, l'Angleterre, la Russie et Mme de Staël ", écrivit un jour Madame de Chastenay...!

Écouter Jean Lebrun, France Inter, La marche de l'histoire, 17 avril 2017 : Madame de Staël ou la politique littéraire, 29'06

 

mai 2017

Aux éditions La Boîte de Pandore, Rachid Benzine et Ismaël Saïdi publient Finalement, il y a quoi dans le Coran ?, 149 p., 15 €.

Conscients de la grande ignorance qui entoure le texte sacré des musulmans, un islamologue et un auteur-metteur en scène ont choisi d’unir leurs efforts, afin d’offrir une nouvelle voie d’approche du Coran qui conjugue intelligence, rigueur et humour. Ce livre est né après un an de rencontres dans des écoles de Belgique et de France et de nombreux échanges avec des élèves et leurs enseignants.

" Le modèle arabe du VIIe siècle n'est pas intangible ! "

Vidéo - 2 minutes - d'une présentation (pour élèves et enseignants)

 

juin 2017

Les éditions Garnier  publient, dans la Bibliothèque de littérature du XXe siècle, les tomes 4, 5 & 6 des Oeuvres complètes de Céline-Arnauld-Paul-Dermée, trois volumes de 1020 (le tome 4), 933 (le tome 5) et 925 (le tome 6) pp. Le tome 4 contient d’abord les “Textes des émissions de radio” avant de donner, continués dans les tomes 5 et 6, les “Textes sur la radio”.933 p., 1 vol..

Éditeur scientifique : Victor Martin-Schmets. [ Voir ses autres éditions scientifiques ]

D'origine roumaine, Céline Arnauld (1885-1952) réalisa son œuvre de poète tout en étant la collaboratrice de son mari. D'origine belge, Paul Dermée (1886-1951), poète, critique, fut un des pionniers de la radio française (premier journal parlé, 6 janvier 1923). Oubliés tous les deux, ils furent des créateurs et des animateurs de revues.

Paul Dermée (Liège 1886 – Paris 1951),. fonda à Liège la Revue mosane, puis s'établit en France et collabora à Sic et à Nord-Sud. Il publia des poèmes modernistes (Spirales, 1917 ; Films, 1919). Directeur avec Ozenfant et Le Corbusier de l'Esprit nouveau (1920), il illustra l'« esprit nouveau » par ses recueils poétiques (le Volant d'artimon, 1922).

 

juillet 2017

(...) ces dernières années, nos Premiers ministres dissertaient plutôt sur leur goût pour les voitures de course, leur amour de l’entreprise et même les dangers du burkini. Est-ce seulement pour se distinguer? Edouard Philippe "a choisi de mettre en avant sa passion pour la lecture". (Nouvel Obs'), Il publie chez Jean-Claude Lattès Des hommes qui lisent (254 p., 15 €)

Voici ce qu'il déclare sur l'importance de la lecture, lors d'une interview au Journal du Dimanche (17.07.) :

Je ne suis pas certain que la lecture soit une nécessité pour un homme politique. Nombre d'hommes politiques qui ont fait des choses utiles pour leur pays ne sont pas des lecteurs. Mais je note que les hommes politiques qui m'impressionnent sont des lecteurs et des écrivains, comme de Gaulle et Churchill. La distance et l'ouverture, que permet la lecture, sont précieuses quand on est soumis par l'actualité à la dictature de l'immédiateté et à l'absence de profondeur de champ.

 

août 2017

Prenant le parti de "dépoussiérer la statue du plus aimé des fabulistes", Éric Orsenna publie, chez Stock, La Fontaine, une école buissonnière : une promenade avec le petit Jean à partir de sa ville natale de Château-Thierry, à travers fables - une imposante mise en scène d'animaux - lion, renard, écrevisse, grenouille, cigale... - et de personnages - laitière, savetier, laboureur, bûcheron... où est décrite avec le sourire et sans ménagement la société d'alors... et celle d'aujourd'hui.

Mais aussi à travers contes : ces récits de cocuage et de frivolité que l'on soustrayait au regard des enfants. « L’Éducation  nationale, qui n’aime pas rougir, interdisait de nous les apprendre », rappelle l'éditeur : « On y rencontre trop de dames gentilles de  corsage ».

Et il conclut : « Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie :  mi-fable, mi-conte. Gravement coquine. »

... « un bestiaire politique qui a si peu changé depuis le XVIIe siècle. », Fabrice Plitkin, Nouvel Obs', 10.08.2017

La Fontaine, puits de paresse et de vitalité (Eric de Bellefroid, La Libre Lire, 21.08.2017, pp. 2-3)

 

septembre 2017

Un nouveau Régis Debray ! Sous le titre Le nouveau pouvoir (Éd. du Cerf, 94 p., 8 €), il analyse avec sa verve coutumière les nouvelles pratiques et les nouveaux rythmes de communication... épinglant au passage les emprunts à l'anglais aussi bien que les manies et les tics de la "culture jeune". Et ça tape fort !.

 

Spacieuse, ouverte - loggia plutôt que chambre -, la lecture se poursuit alors dans les marges autant que dans le texte...

Pierre Chappuis, Le Biais des mots, José Corti éd., 1999, p. 45


 

 

4

Le coin lecture de LMDP

 

Depuis 2001, la rubrique "livre du mois" de la page lecture de LMDP signale un ouvrage qui nous paraît utile à la formation initiale ou continue, générale ou disciplinaire, des enseignants de français.

Voir, page librairie, toutes les recensions parues sous cette rubrique.

 

 

Juin 2017

Alain Corbain, Histoire du silence - De la Renaissance à nos jours

Albin Michel, 2016,  204 p. & 8 p. illustrations., 18.50€.

À une époque où le tintamarre médiatique menace l'intériorité, il est important et urgent de saluer la valeur du silence, "de réapprendre à faire silence, c'est-à-dire à être soi" (12) !

Du silence des lieux - la chambre, le sanctuaire ("La cathédrale est comme du silence incrusté dans la pierre" - 28), le monastère, la bibliothèque, et même la forteresse (cf, Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, "Une oeuvre où se jouent toutes les nuances du silence" - 31)... aux silences de la nature - la brume, "grand plafond silencieux" (34), la nuit, "où les bruits sont sertis dans le silence" - 38), la forêt, le désert : 'une densité de silence qui incite à l'interprétation spirituelle" - 44), la montagne et "son silence solennel" - 48), la mer et "son silence qui vient des profondeurs - 50), la forêt, "où le silence dort sur le velours des mousses" Hugo - 53)... on n'en finit pas  - mais il faut y prêter une oreille attentive ! - d'inventorier les murmures du silence.

Dans les chapitres "quête, apprentissage du silence" (65-99) épinglons cette remarque : "Bien des quêtes se sont déroulées hors de la sphère du religieux" (81). Il suffirait d'évoquer ici l'intérêt croissant pour ces "monastères du silence" (81) que sont, par exemple, Qi Gong, Garef-Focusing, Pleine Conscience...

L'auteur ne manque pas de souligner l'ambivalence du silence : autant il peut rapprocher et fusionner les coeurs - "les yeux des amoureux disent en silence les seules paroles qui importent" (150) -, autant il peut être rejet et mépris ; et il cite entre autres Thérèse Desqueyroux, de Mauriac, "où l'incommunicabilité débouche sur le crime" (158).

Un coup de coeur, enfin, pour le brillant interlude (101-103) sur Joseph à Nazareth, "le patriarche du silence... : le silence d'un coeur qui écoute" (101)  !

Juillet-août 2017

Gilles Lipovetsky, De la légèreté Grasset, 2015, 340 p., 19€.

Dieu sait si on parle, de la légèreté ! Chroniques de mode ou de santé, slogans publicitaires, confidences de stars... Pour l'évoquer, il y a pléthore de formes dans le langage courant : minceur, sobriété, fitness, fun, cool, mini, micro, nano, maigre, feeling, oligo-éléments, ligne pure, bien dans sa peau, Passez en mode facile (Skoda), Réveillez la déesse qui est en vous! (Vénus de Gillette), fabricant d'optimisme (Fiat), On se lève tous pour Danette... On pourrait donc rêver d'un monde où le léger peut tout pour réussir, pour "Alléger la vie" (c'est le titre du chapitre 1) !

Pour le corps, l'idéal serait d'une part la minceur, la finesse (l'obsession des "kilos de trop"), et d'autre part la glisse, ces pratiques où l'on défie la pesanteur (ski nautique, deltaplane, surf, planche à voile...) : être donc, à la fois, Narcisse et Icare (v. p. 105) ! Mais le fléau de l'obésité est là, qui fait des ravages et qui persiste... (v. 108).

La légèreté, on l'observe aussi dans la mode "pout le spectacle et le regard des autres" (178...). "L'obsession du vêtement, cependant, s'est affaiblie, celle du corps s'accroît" (197).

Dans l'art également, comme dans l'architecture, comme dans le design, l'expression vise la simplicité : en peinture, "le reflet est plus important que la scène représentée" (211), le trait s'épure. Pour la maison, pour le mobilier, on privilégie les formes élémentaires, fonctionnelles. Et de nouveaux matériaux - acier, bois, béton armé, verre, pvc... - permettent de réduire la massivité (v. p. 246).

Le chapitre 7, Sommes-nous cool ? analyse ce phénomène amplifié vers 1960 "dans l'effervescence de la contre-culture (...) où les mouvements contestataires exaltent une liberté subjective totale (...), une existence délivrée des lourdeurs du social" (289). Frivolité, butinage, inconstance, zapping, rupture... le fidélité en prend un coup.

Liberté, égalité, légèreté, tel est le titre du dernier chapitre qui observe cette citoyenneté light (318) qui semble prévaloir, ce qui n'efface ni l'inégalité des fortunes, ni les ravages des addictions... : "une légèreté-volatilité (qui) accable parce que rien ne dure" (364).

Septembre 2017

Roger-Pol Droit, La tolérance expliquée à tous

Seuil, 2016, 96 p., 8€.

Notre société est de plus en plus métissée.  Les différences se côtoient : il faut trouver les moyens de ne pas les transformer en conflits. C'est dire que la tolérance est indispensable !

Voilà un petit livre qui vient bien à point pour proposer des raisons d'agir et des lignes de conduite ; et cela est rédigé sous la forme d'un dialogue adulte-ado agréable amical et enjoué, mais solidement construit : un outil de première valeur pour cette formation à la citoyenneté qui va prendre cours dans nos écoles.

La tolérance exige, de la part de chacun; un travail sur lui-même, une réflexion sur sa propre place par rapport à celle des autres (v. 31)  qui doit aller de pair avec cette ouverture au débat, à l'échange, où se partagent expériences vécues et propositions pour agir ensemble (v. 75).

Autrement dit, "la tolérance est faite d'une multitude d'attitudes, de compromis, de choix et de décisions qui s'inventent au cas par cas, jour après jour" (82). "C''est une invention à la fois très simple et toujours incertaine. Elle se construit peu à peu, et c'est toujours à recommencer. Comme la vie, finalement. " (91).

*

La bibliographie comprend les grands classiques - Pierre Bayle, John Locke et Voltaire - ainsi qu'un recueil de textes, La tolérance, commentés par Julie Saada-Gendron (Flammarion, 1999), et d'autre part quelques études contemporaines, dont celle de  Michael Walzer, Traité sur la tolérance  (Gallimard 1998), "un  des livres les plus intéressants  d'aujourd'hui sur la question" précise Roger-Pol Droit (86).

 

 

 

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