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SOMMAIRE 

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Brèves de LMDP : juin 2017

Sommaire

1. Toucher au patronyme : rarement innocent !

De la plaisanterie à la satire, de la satire au mépris

Mise en perspective : voix et voies de tolérance

2. Le chantier d'écriture de la Présidentielle :

Genres textuels :

affiche et slogan, éditorial, carte blanche, pastiche...

Figures de style :

métaphore, anaphore, périphrase, parallèle...

Néologie : mot-valise, dérivation, acronymes, patronymes, le son et le sens... Le lexique s'est enrichi !

3. Coin lecture :

Alain Braconnier, L'enfant optimiste * En famille et à l'école

Frédéric Lenoir, La guérison du monde

En guise d'édito

Erri de Luca, Le plus et le moins, Gallimard, 2016 : il n'y pas mieux que lui pour célébrer la lecture comme accès à la liberté. Jugez-en :
p. 70 :

(Mon père achetait les livres par kilos. ...) Il rentrait le soir, se mettait dans un fauteuil, étendu sous un livre. Ainsi, il se trouvait en plein air.
p. 73:

L'enceinte des livres, petite comme le panier d'une montgolfière, ouvrait sur tout.
p. 108

(le lecteur) : (...) et tout en lisant, il remanie tout.

p. 153 :

(...) la parole est le plus précieux outil des opprimés.

Enfin, p.13, il s'en prend aux enseignants trop directifs : (ils) avaient besoin d'espaces étroits, le champ ouvert les déconcertait.

Su-per-be ! Grazie, Erri !

1

Toucher au patronyme : rarement innocent !

 

« Fais un bisou à ton Juju ! » a-t-il chuchoté à sa belle. - Elle aime que je l'appelle Jeannette. - Sympa et savant, Monsieur Cimino, notre prof de sciences ! On  le surnommait Ciminobel. - « Mer-ci-saint-Ni-co-las  ! » scandaient les petits dans la cantine, pour saluer Monsieur Pique, le sympathique économe. Mais les plus grands préféraient dire « Merci, saint Piquolas ! », ce qui ne déplaisait nullement à l'intéressé. - « Tom Bonheur » lit-on dans La Libre Belgique du 11.04.2005, pour honorer Tom Boonen, vainqueur de Paris-Roubaix . - Merci, Ludo ! Tu es vraiment gentil.

Voilà donc, pris en " flagrant délit " de créativité lexicale - patronymique, plus précisément -  respectivement un amoureux, une amie, des enfants, des ados, un journaliste, le copain de Ludovic ! [L'histoire de Monsieur Pique est authentique : ça se passe en 1974 à S. en Belgique].

Ici, évidemment, le jeu est tout à fait innocent : c'est la sympathie, l'estime, la gratitude, l'admiration et parfois l'aimable taquinerie... qui les inspirent. Et, comme Monsieur Jourdain pour la prose, c'est sans le savoir que leurs auteurs ont recouru à des procédés que les linguistes nomment dans leur jargon : duplication, suffixation, mot-valise, paronymie, commutation, homophonie, apocope... Comme quoi point n'est besoin d'être linguiste pour être créatif.

Mais, le plus souvent, ces jeux d'écriture sur le patronyme - le nom, le prénom (parfois le titre, le grade...) - n'ont vraiment pas l'innocence, la candeur souriante, le ton amical des textes ci-dessus ! Le sourire devient rire moqueur, sarcastique, marquant la distance critique, le désaccord, le désaveu, et cela peut aller jusqu'au mépris, au rejet.

C'est ce que nous allons observer, en distinguant d'une part le registre de la plaisanterie ou de la moquerie et d'autre part celui de la satire, de la distance critique, du désaccord.

Nous mettrons à part le registre de la détestation et de la haine, qui caractérise les idéologies du rejet : fascisme, xénophobie, antisémitisme, homophobie, islamophobie.

********************

Entre plaisanterie et moquerie

 

J.-C. Herminaire, dans La Libre Belgique du 22 décembre 2005, commente le résultat du sondage RTBF "Le plus grand Belge ". En tête, Jacques Brel !

Chapeau bas à Jacques Brelge
Et il ajoute : De tous les Belges de l'histoire, Jacques Brel est le plus grand


Septembre 2005 : Les Diables Rouges battus par la Bosnie. Aimé Antheunis, leur entraîneur, sera-t-il maintenu lors du prochain match contre Saint-Marin ? Ce que traduit Jean Derycke dans L'Avenir du 6 septembre :

Aimé (et espérer) jusqu'en octobre ?


Août 2005, parution de Brooklyn Follies, de Paul Auster chez Actes Sud. Titre de la recension signée Guy Duplat dans La Libre Lire du 9 septembre, surtitrée "Le nouveau roman de Paul Auster ou le bonheur avant l'attaque" :

Joyeuseté très Auster


Jean-François Gillet, de l'équipe de Malines, stoppe trois penalties contre Anderlecht... Titre du reportage de Christophe Francken dans La Libre Belgique du 5 octobre 2015 :

Un Gillet pare-balles


Le poisson d'avril 2012 de la très sérieuse revue Prescrire, cité dans le Nouvel Obs' du lendemain :

 Obéfix, la pilule pour maintenir son poids idéal

Et la "notice" explique :  « nous avons tous besoin d'une piqûre annuelle de rappel, pour nous aider à réfléchir à notre perception de l'information. »


François Pérol, secrétaire général de l'Élysée, prend la tête de Banques Populaires-Caisse d'Epargne. Commentaire du Canard enchaîné, le 4 mars 2009.

A l'Elysée, on n'a pas d'idées mais on a du Pérol


José Happart, du PS, sort du dernier top 20 des politiciens wallons. Titre signé Paul Piret dans La Libre Belgique du 27 mars 2007 :

Bonhappart vers Sainte-Hélène


Dans La Libre Belgique du 22 octobre 2016, Gilles Toussaint évoque le "non" au CETA (traité commercial Europe-Canada) du Président Paul Magnette et de sa majorité à la région Wallonie-Bruxelles. Dans l'article intitulé Le jour où le CETA fit patatras, cet intertitre :

Paul Ma...niet

Et Frédéric Pagès, dans Le Canard enchaîné du 26 octobre, salue le Président : Ave, Paul Magnettix !

sommaire * début "patronyme"

*****************

La satire, la distance critique

Janvier 2011, révolte en Tunisie contre le pouvoir fort de Ben Ali, qui sera contraint à l'exil. Or Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, avait proposé l'intervention française pour ramener l'ordre ! Le Canard enchaîné du 26 janvier y va d'un (quasi) contrepet :

La dernière blague à Tunis: "On ne dit plus Alliot Marie, mais Ali-Mariolle ! "


D. Strauss-Kahn accusé puis sans doute blanchi dans une affaire d'agression sexuelle à New York... Mais Tristane Banon, écrivaine, se dit victime d'une agression sexuelle par DSK...Décidément, il est maudit, explique Le canard enchaîné du 6 juillet 2011 : quand ça s'arrange à New York, ça se complique à Paris :

DSK, après la prison, le cas Banon


Claude Javeau, dans La Libre Belgique du 26 janvier 2007, présente Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sous le titre

 Sarko et Ségo

... Et il explique : « Sarko et Ségo riment, et ces diminutifs s'accordent bien aux aspects rudimentaires de leurs discours respectifs. »


Eva Joly devait être la locomotive des Verts pour 2012. Face aux mauvais sondages, ceux qui la soutenaient commencent à la lâcher et se tournent vers Nicolas Hulot. D'où ce titre de Bernard Langlois, dans Le Figaro du 4 février 2011 :

Ils la surnomment «Eva dans le mur»


Avril 2014, élection présidentielle en  Algérie. Bouteflika en passe d'être réélu pour un 4e mandat. Titre du reportage dans lepost.fr du 18 :

BOUTEFLIQUATRE


Silvio Berlusconi estime qu'empêcher les viols serait une mission impossible, car «il y a tellement de belles filles italiennes que cela ne sera jamais possible». Commentaire dans Libération du 27 janvier 2009 :

Encore une berlusconnerie (et une belle)....


PDG de la Société générale, M. Bouton fait parler de lui après la perte de 5 milliards due à un trader, Jérôme Kerviel... Le 22 février 2008, les correcteurs du Monde, Martine Rousseau et Olivier Houdart, nous soumettent ces variantes sur "bouton" :

On n'en aurait parlé guère, de M. Bouton (guerre des boutons !). Grâce à Jérôme K., Bouton fait toutes les manchettes de la presse (bouton de manchette) et a même eu droit à une pleine page dans Le Monde du 19 février. Il s'y est décrit en capitaine de vaisseau, toujours à la barre ; mais même un capitaine doit se reposer : et quand M. Bouton dort (bouton d'or), les traders dansent. (...)


Mai 2016, élection présidentielle en Autriche. Norbert Hofer, candidat d'extrême droite, est battu. Commentaire du Canard enchaîné, le 25 :  L'Autriche échappe à des frontières...

... en fil d'Höfer barbelé !

 

********************

Le mépris, le rejet

Arabiser les prénoms...

Saïd Mahrane, dans Le Point du 3 janvier 2017, analyse "une vieille tradition de l'extrême droite" qui prend un malin plaisir à arabiser les prénoms du personnel politique pour le discréditer". Titre de l'article :

Farid Fillon ou Ali Juppé

Dans la même veine, ajoute-t-il, on se souvient de l'ancien archevêque d'Alger Léon-Étienne Duval, partisan de la cause algérienne, rebaptisé Mohamed Duval par l'OAS, qui avait également affublé le général de Gaulle du surnom de Zohra de Gaulle, Zohra étant jadis un prénom familièrement donné aux chameaux...

Dans Marianne du 27 janvier 2017 : Après "Ali Juppé" et "Farid Fillon", Benoît Hamon a à son tour été gratifié d'un surnom sur le même mode Depuis quelques jours, les

Bilal Hamon

ont fleuri sur les réseaux sociaux. Réaction de l'intéressé : "Je suis fier qu'ils m'appellent Bilal, et je serais fier qu'ils m'appellent Elie"


L'allégeance...

Le 23 novembre 2013, Marian Kotleba, un nostalgique affiché du IIIe Reich qui s’est fait un nom localement en promettant l’expulsion des Tsiganes, a été élu au poste prestigieux de gouverneur (président) de la région de Banská Bystrica, en Slovaquie. Blaise Gauquelin, dans La Libre Belgique du 15 janvier 2014; relate l'événement sous le titre

Marian Kotleba fait Führer

Il aura été élu avec 55,53 % des suffrages exprimés avec une participation de seulement 24,6 % des inscrits.


Parole de négationniste...

Michel Durafour, du Parti radical, a lancé un appel à "exterminer le Front National". Réplique de Jean-Marie Le Pen, le 2 septembre 1988 :

« M. Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l'ouverture, dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a déclaré : « Nous devons nous allier, aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PC, lui, perd des forces tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner. » M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu ! ».

Il sera finalement condamné à 10 000 F d'amende par la cour d'appel de Paris, le 3 juin 1993 * Vidéo INA 2.08 mn


Le bon temps des colonies...

Lors d'une manifestation contre la christianophobie, en octobre 2013, l'abbé Xavier Beauvais a lancé ce slogan :

Y'a bon Banania, y'a pas bon Taubira

Il sera finalement condamné en appel pour injure raciale. franceinfo du 17 février 2016 rapporte ces termes du jugement : « Il ne fait aucun doute que la formule fait nécessairement référence à la couleur de peau de Mme Taubira et à une époque colonialiste du début du XXe siècle, présentant le tirailleur sénégalais comme une sorte d'être primaire, naïf, un peu niais, dont le langage souligne une culture limitée et un maniement de la langue restreint. »


Le youpin pour cible...

Dans le Huffingtinpost du 8 janvier 2017, Romain Herreros revient sur la « boule puante Ali Juppé et la mascarade Farid Fillon ». Titre de l'article :

De "Léon-Karfunkelstein-Blum" à "Farid Fillon", l'extrême droite n'a pas changé.

Le journaliste observe les fantasmes qui " islamisent, enjuivent ou orientalisent" l'adversaire politique, citant d'autres illustrations de cette idéologie du rejet et du mépris, par exemple :

Joseph Reinach rebaptisé Youssouf Reinach par la propagande anti-dreyfusarde. Léon Blum affublé du nom Karfunkelstein

Le blog d'Emmanuel Debono "Au coeur de l'antiracisme" du 13 décembre 2016 illustre de plusieurs autres exemples "cette stratégie courante et ancienne de l’extrême droite consistant à marteler une version déformée de la réalité", tels que :

Simone Veil, devenant « Shimone Veil [" l'avorteuse couronnée " (20.11.2008 sur le site de fntoulon 20.11.2008)]

André Glucksmann, plus subtilement changé en « André Glücksmann » (idem).


sommaire * début "patronyme"

À lire

        en version numérisée :

Monique Dagnaud, Les jeunes et les réseaux sociaux, de la dérision à la subversion, Sciences Po. LesPresses 2013, 210 p. * Voir, entre autres, pages 91 à 102 : Rire, ricanement, dérision" : les «bonnes humeurs» du Net adolescent.

Claudine Moïse, Gros mots et insultes des adolescents, cairn.info/revue-lettre-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2011

Simone Bonnafous, L''arme de la dérision chez J.-M. Le Pen ( Revue Hermes 2001)

         en librairie :

Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour, Céline, la race, le Juif, Fayard, 1180 p. 36€ (version numérisée : 33.99€) :

« On ne doit plus distinguer chez Céline l'écrivain de l'"antisémite obsessionnel". (...) L'antisémitisme de Céline ne fut pas un "accident" à prendre à la légère mais se situe bien au coeur de sa pensée et de son écriture. »  


Mise en perspective : le "paysage de l'autre"

Prendre le temps d'écouter..   

(...) il est paradoxal de constater que c'est au moment où les moyens de communication sont devenus les plus performants, que communiquer, c'est-à-dire se parler, est devenu de plus en plus difficile.

André Thayse, Vers de nouvelles Alliances - La Genèse autrement, L'Harmattan, 2006, pp. 104-105

Quand la parole fait défaut...

La parole permet de canaliser les affects. Elle peut se substituer au passage de la pulsion. On parle de violence verbale à propos des insultes, des invectives qui permettent l'économie du passage à l'acte agressif. Le déficit de parole par manque de culture et d'éducation favorise le passage à l'acte comme seul moyen d'expression. C'est une des sources de la violence.

Zarifian Edouard, Le goût de vivre - Retrouver la parole perdue, Odile Jacob, 2005, p. 80.

Le respect est un regard vers le paysage de l'autre.

Christian de Chergé, cistercien de Tibérine, cité par J.-C. Guillebaud, Le commencement d'un monde, Seuil, 2008, p. 145.


sommaire * début "patronyme"

2

Le chantier d'écriture de la Présidentielle

A. Genres textuels : slogan, parodie, éditorial, carte blanche, pastiche...

B. Figures de style : métaphore, anaphore, périphrase, parallèle...

C. Néologie : mot-valise, dérivation, acronymes, patronymes, le son et le sens...

 

A. Genres textuels

* Le slogan et l'affiche [premier tour]

 

  • Emmanuel Macron

    Marine Le Pen

    Benoît Hamon

    François Fillon

    Jean-Luc Mélenchon
    En Marche !

    AU NOM DU PEUPLE

    Faire battre le coeur de la France

    Une volonté pour la France

    L'avenir en commun

    Commentaires dans la presse...

    [Jean-Luc Mélenchon]

    L'affiche barrée du slogan "La force du peuple" tranche singulièrement avec l'iconographie traditionnelle de la gauche anti-libérale. Regard apaisé tourné vers l'électeur, fond gris ciel entrecoupé d'une éclaircie, police de caractère carrée où la force s'éclipse derrière le peuple... Oublié le rouge vif communiste et la formulation impérieuse "prenez le pouvoir' de sa campagne de 2012. La cuvée mélenchoniste 2017 fait dans la grande sobriété et confirme la volonté du candidat d'incarner une offre politique plus rassurante (lepost.fr ►) (L'avenir en commun : programme paru au Seuil )

    [François Fillon]

    Ce slogan ne pouvait être que celui de Fillon et il traduit incontestablement la situation personnelle de l’ancien Premier ministre qui doit se battre et conduire à son terme cette campagne électorale sans faiblesse en forçant un parcours semé d’embuches. (atlantico.fr 24.03.2017) )

    [Marine Le Pen]

    Un slogan au ton religieux ("au nom du père"), sacrificiel (le sacrifice de la candidate pour le peuple et mandatée par lui), nationaliste (les peuples des nations) et résolument tourné vers les classes populaires. (idem)

    [Benoît Hamon]

    A nouveau, nous retrouvons un infinitif, une action nécessaire, sans mention explicite d’un acteur. Le terme "cœur" est le lieu principal de la sous-spécification. Le cœur peut être compris comme "noyau dur" et donc faire appel aux Français qui construisent la France, par leur travail. (idem)

    [Emmanuel Macron]

    "En marche, c'est génial. Ce n'est pas un candidat comme les autres. C'est une idée plus une armée. Et le 'en marche' a levé une armée qui s'est mise en marche. Il a prouvé, avant même que le vote arrive, que le slogan était vrai", précise Jacques Séguéla (site de J.-M. Morandini)

     

    Du slogan à la parodie...

    D'une élection à l'autre, le procédé est récurrent : souvenons-nous :

    La France unie de François Mitterrand devient La France punie.

    Et sa Force tranquille se réécrit tantôt La faiblesse tranquille, tantôt La farce tranquille
    La France forte de Nicolas Sarkozy devient :

    * La Fraude forte stigmatisant les manoeuvres de J.-F Copé pour la présidence de l'UMP

    Quand François Bayrou perd la mairie de Pau, Charlie Hebdo "enrichit" son slogan Ni droite ni gauche : Ni gauche ni droite... ni élu

    * La France morte ( photo-montage : derrière Sarkozy, un navire de croisière en train de couler)

    Le changement, c'est maintenant (François Hollande). Ce qui... change en : L'échangisme, c'est maintenant, surplombant la tête souriante de Dominique Strauss-Kahn.

     

    De même, avant cette Présidentielle de 2017 :

    Macron, En marche

    En marche sur des œufs (juin 2016 : il est la cible de jets d'oeufs)

    En marche arrière (février 2016 : il qualifie la colonisation de crime contre l'humanité; il s'en excuse quelques jours plus tard)

    Fillon, Une volonté pour la France

    Un vol pour la France * Un vol éhonté pour la France  * Une volonté pour la fraude

    Le Pen, CHOISIR LA FRANCE

    POURRIR LA FRANCE ou CHOISIR -MA- FRANCE (avec la tête de Poutine en arrière plan), ou CHOISIR LA FRANCE,  ou CHUIS RANCE (Le Point , 26.04.2017)

    Macron, Ensemble, la France !

    J'ensable la France (Idem)

    Prolongements : Boîte à outils pour écrire des slogans

    sommaire * début "présidentielle"

    * Dans la ligne du journal : l'éditorial...

     

    Février 2017 * Par respect, égalité devant la justice...

    Mai 2017 * Par respect, ouverture et accueil...

    Révélateur des inégalités

    Le drame vécu par Théo agit comme un révélateur. Déjà pointée par le Défenseur des droits, l’ampleur des discriminations vécues par les jeunes, particulièrement ceux des quartiers populaires, saute au visage : suspectés, surcontrôlés sur la base du faciès, parfois malmenés par une police dénuée de formation pour intervenir dans les grandes cités, sans ancrage local et parfois sous l’influence de discours racistes. Le lieu d’habitation, l’origine sociale, la couleur de peau sont prétextes à humiliation ou à ­stigmatisation médiatique. Le régime des comparutions immédiates rend les accusations approximatives et les sentences expéditives. Le sort des évadés fiscaux est bien plus enviable. La colère qui court dans les banlieues est d’abord une révolte contre l’injustice, celle d’un tabassage et d’un viol, mais aussi d’une société où l’emploi est hors d’atteinte, où les services publics se rabougrissent ou disparaissent dans les villes populaires, où la devise Liberté, Égalité, Fraternité s’efface derrière le mur des privilèges.

    La vie d’un jeune d’Aulnay n’a rien à voir avec le parcours sonnant et trébuchant des enfants Fillon et elle est bien loin de ces 23 milliardaires français qui possèdent autant que 27 millions de leurs compatriotes ! « Devenez milliardaires ! » lançait Emmanuel Macron, comme pour dire à cette génération qu’elle pouvait oublier ses rêves. Le sémillant banquier d’affaires est d’ailleurs bien silencieux ces jours-ci… Au FN, la famille Le Pen traite de « racailles » les manifestants pacifiques assimilés aux casseurs et réclame toujours plus de matraques. D’autres encore chantent des berceuses sur l’air du tout va mieux. Si le sentiment d’impasse se renforçait encore, si la politique continuait à paraître le continent des promesses trahies, la violence – qui se retourne d’abord contre les jeunes de banlieue et leurs parents – pourrait l’emporter. Ce serait une défaite pour l’avenir que cette génération incarne, que ça plaise ou non.

    Patrick Apel-Muller, L'Humanité, 15 février 2017 - Voir

    Macron, ce nom qu’il faut dire, haut et fort !

    On comprend qu’Emmanuel Macron n’ait pas l’heur de plaire à tous. Que sa personnalité et son programme s’apparentent encore largement à une énigme. Qu’on puisse le trouver, à 39 ans et sans guère d’expérience politique, peu préparé à diriger un grand pays. Que ses revirements et ses contradictions ne rassurent pas spécialement, pas plus - par les temps qui courent - que son passage par le monde de la finance.

    Cependant, quels que soient les interrogations et les atermoiements, il y a un fait qui s'impose à tous les Français : le second tour de l'élection présidentielle reviendra à choisir entre Emmanuel et Marine Le Pen. Or, ce choix ne devrait pas en être un. Surtout dans un pays qui a connu Vichy, le Vel d'Hiv, Oradour-sur-Glane.

    Le Front National n'a rien à voir avec tout cela, objecteront ses défenseurs. On fait plus qu'en douter quand on entend son fondateur, Jean-Marie Le Pen, flétrir la mémoire de Xavier Jugelé, le policier tué par un terroriste sur les Champs-Élysées, en considérant que la France a rendu hommage, lors de ses funérailles, à "l'homosexuel", plutôt qu'au gardien de la paix.

    Dans ces conditions, on peine à comprendre les individus qui, de Jean-Luc Mélenchon à l'Église catholique ou à la CGT, se refusent à appeler explicitement à voter pour Emmanuel Macron. Que ceux-là se bornent à inviter les Français à voter selon des valeurs soi-disant partagées est une lâcheté qui confine à l'ignominie. C'est une imprudence qui, le 7 mai, pourrait avoir des conséquences dramatiques.

    Face à une candidate qui se drape dans l'identité nationale pour justifier le rejet de l'autre, qui exalte le repli sur soi en réclamant la fin de l'Europe, qui camoufle l'extrême-droite sous une apparence faussement respectable, il n'y a pas de place pour les sous-entendus et les faux-fuyants. Il faut prendre position sans la moindre ambiguïté. Cela revient à dire, clairement et simplement : "Votez Macron!"

    Philippe Paquet, La Libre Belgique, 2 mai 2017 - Voir

    Retrouvez ces mêmes éditorialistes, le 7 février 2014, à propos des Jeux Olympiques d'hiver à Sotchi !

     

    * La carte blanche

     

    Dans l'éditorial, en général, l'auteur s'efface. En effet, ce n'est pas un point de vue personnel qu'il défend,. mais celui du journal, celui de l'équipe de rédaction (et aussi, il faut le dire : des gestionnaires).

    Dans la carte blanche, au contraire - appelée aussi billet d'humeurlibre propos...- l'auteur fait davantage apparaître son individualité, visant à convaincre, sans doute, et à prendre position, mais aussi à plaire, à séduire, préférant l'humour ou la fantaisie à la rigueur démonstrative, jouant aussi sur le son et le sens, sur le rythme, sur l'image suggestive, sur le clin d'oeil intertextuel. Bref : sur la créativité langagière.

    On observera, ici, le champ lexical de la chevelure... Et comment les mânes d'Alain Juppé planent... sur les mots ! Et comment la plume trempe dans l'encre d'un certain Émile Zola.

     

    Le vrai scandale de cette présidentielle : l'absence de chauve

    J 'accuse messieurs Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon, Dupont-Aignan et tant d'autres de vouloir exclure les chauves de la sphère publique.

    On nous rabat sans cesse les oreilles avec la parité homme/femme mais la vraie, la seule discrimination qui vaille la peine d'être combattue, combattue sans relâche, c'est celle entre chauves et chevelus, ce scandale absolu qui perdure depuis des siècles et cantonne les glabres du crâne à des postes subalternes, sans jamais avoir l'opportunité de grimper en haut de l'échelle.

    Je le dis tout net, la société française exerce vis-à-vis à de la communauté des chauves un «apartheid» – osons le mot – qui nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire.

    J'en veux pour preuve la cohorte des candidats à la future élection présidentielle. Regardez-les, mais regardez-les donc tous –peu importe leur couleur politique, leurs programmes, leurs visions– ils affichent tous l’insupportable arrogance de ceux dont le cuir chevelu prolifère à tout-va, de ceux dont la vie tourne autour du périmètre de leur coiffeur, de ceux dont le seul ennemi se nomme encore et toujours pellicule.

    Oui j'accuse messieurs Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon, Dupont-Aignan et tant d'autres de vouloir exclure les chauves de la sphère publique, d'entamer une épuration consistant, méthodiquement, à éradiquer des grands corps de l’État toutes personnes incapables d'apporter la preuve d'une capillarité au-dessus de tous soupçons.

    Et Mélenchon, Hamon, Macron

    Jean-Luc Mélenchon ensuite, jamais autant à son aise pour dénoncer le capitalisme sauvage, pour défendre la veuve et l'orphelin, pour s'ériger en protecteur des travailleurs mais dont la chevelure hargneuse, teigneuse, colérique, à rebrousse-poil, indique son total mépris, son irascible aversion envers ceux que la société humilie en permanence, jette au rebut, discrimine sans vergogne, j'ai nommé le sous-prolétariat de la calvitie désenchantée, les grands perdants de la dérégulation capillaire.

    Benoît Hamon pour continuer, le cheveu sec, court, foncé, napoléonien, qui résiste mieux que prévu à sa calvitie programmée et dont on voit bien que la proposition phare, le revenu universel, n'est qu'une métaphore, un succédané pour conjurer l'inévitable perte de cheveux, un appel effréné à établir l'universalité d'une chevelure capable d'apporter à chacun, peu importe son rang, son âge, sa fortune, la même résilience capillaire à même d'affronter l'avenir et ses cruelles incertitudes.

    Enfin, Emmanuel Macron, qui d'entre tous, semble être le seul à la hauteur de l'enjeu, Emmanuel Macron, ni de droite ni de gauche, ni hirsute mais pas encore chauve, juste suffisamment dégarni au niveau des tempes pour permettre au déplumé de service d’espérer en des temps meilleurs, de miser sur une prochaine démission de cheveux qui permettra à ce surdoué de la politique de rejoindre dans le firmament des chauves les plus méritants, Giscard en personne dont l'impeccable front sublimement dégarni continue encore à hanter les miroirs élyséens.

    Je note au passage que le seul capable de représenter le parti de la calvitie au plus haut sommet de l’État se nomme Philippe Poutou. Comme par hasard, nos élus coupent les cheveux en quatre pour lui apporter le nombre de parrainages nécessaires, manœuvre procédurière d'une bassesse sans nom qui démontre avec l'éclat l'ostracisme dont est désormais victime le chauve, coupable tout désigné du malheur français.

    Chauve qui peut, la République est en danger!

     

    Laurent Sagalovitsch, slate-fr, 25 février 2017.

    Voir, avec le montage photos :

    sommaire * début "présidentielle"

     

    * Le pastiche

     

    Cinquante nuances de grey Romance érotique de E. L, James, 2012.  Film de Taylor-Johnson, 2015.

    50 nuances de revenu universel, l’idée à la mode de la présidentielle 2017 - Blog des Décodeurs (Le Monde, 03.01.2017).

    Pour Arnaud Montebourg, 50 nuances de schiste - Le candidat à la primaire de la gauche répète qu'il est contre le gaz de schiste. Depuis 2011, il a changé plus d'une fois d'avis. - Pauline Moullot, Libération, 09.01.2017.

     

    Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? - François Fillon, cité dans 20minutes, 28.06.2016.

    "Qui imagine le général De Gaulle se faire offrir des costumes ?" - Marianne, 13.03.2017, cite René Dosière, "intraitable sur la nouvelle affaire Fillon"

     

    Chassez le naturel, il revient au galop. 

    Mise en cause pour des emplois fictifs, Marine Le Pen menace les fonctionnaires de représailles. Réaction du Canard enchaîné, 01.03.2017 : 

    Chassez le naturel, il revient au facho !

    Marine Le Pen conteste la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv le 17 juillet 1942.

    Chassez le paternel, il revient au galop !, explique le Canard enchaîné du12.04.2017

     

    Aux grands maux, les grands remèdes

    Charles Consigny, dans Le Point du 03.04.2017, critique E. Macron : « Il parlait naguère sans langue de bois. Devenu candidat, il a lissé son discours alors que le pays a besoin d'une thérapie de choc. » Sous le titre : Les grands mots sans grands remèdes

     

    Que diable allait-il faire dans cette galère ? Gèronte, Les Fourberies de Scapin, 7.

    Paul-Henri du Limbert, éditorial du Figaro, le lendemain du débat télévisé du 04.04.2017, cet extrait :

    Que diable les «grands» candidats allaient-ils faire dans cette galère?

     

    «Les chambres à gaz»... un détail de l'histoire. Jean-Marie Le Pen, L'heure de vérité. 27 janv. 1988.

    Jonathan Bouchet-Petersen, Libération, 07.05.2017. Macron élu, 66%. Marine Le Pen, 34% (11 millions de voix). Titre :

     Près de 11 millions de voix pour Le Pen, ce n'est pas un détail

    et la plus courte, et la meilleure :

    Immunité parlementaire - une locution maintes fois rappelée pour "les affaires" de François Fillon et Marine Le Pen...

    BMTV, sur le débat des onze candidats à la Présidentielle, 04.04.2017, cite Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste :

    « Nous quand on est convoqués par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière, on y va ! » Voir

     

    B. Figures de style

     

    * La métaphore filée

    Voir sur cette figure

    La métaphore automobile

    [Début février 2017, François Fillon est impliqué dans une affaire d'emploi fictif...]

     

    Le forfait de Juppé et le dérapage de Fillon privent, cela dit, la course à l'Élysée de ses gros cubes. Jean-Luc Mélenchon, dans son inoxydable Trabant, ne peut sérieusement espérer l'instauration d'une République soviétique française, pas plus que Benoît Hamon, en taxi (le mode de transport adapté au revenu universel), n'a réellement de chance de refermer l'ère du scooter ouverte par François Hollande. A l'extrême droite de la chaussée, Marine Le Pen semble parfaitement à l'abri dans son véhicule blindé, mais trop lourd, l'engin devrait se faire logiquement doubler dans la dernière ligne droite. Ne reste donc que la Rolls d'Emmanuel Macron, dont on ne sait trop, d'ailleurs, comment il a pu se la payer. Ni quel itinéraire il entend lui faire suivre. Peu importe, sans doute, pourvu que la carrosserie rutile et que le moteur ronronne.

    Philippe Paquet, Sortie de route pour la droite en France (dernier paragraphe), La Libre Belgique, 10.02.2017, p. 2

    La métaphore volaillère

     

    En novembre 2016, le candidat Les Républicains pensait plumer les personnes âgées au travers de leurs mutuelles complémentaires. Mais le coût électoral étant trop élevé, il change de volaille en chargeant les personnels hospitaliers.

    Hervé Nathan, Sécurité sociale : Fillon change de dindon (extrait), Marianne, 21.02.2017

     

    La métaphore navigatrice

    L'équipe du candidat de la droite à la présidentielle estime qu'il a réussi à sortir de la tempête. Pourtant, les paquets de mer sont encore nombreux et tel Pénélope dans la mythologie, François Fillon se retrouve condamné à relancer éternellement une campagne pourrie par le "PenelopeGate"...

    Louis Haushalter, François Fillon, ce candidat condamné à ressusciter sa campagne chaque semaine" (début), Marianne, 27.02.2017

     

    sommaire * début "présidentielle"

    * Le parallèle

    « Met en évidence une similitude ou une opposition ».(ac.grenoble.figures_de_style) Ici, en formes brèves.

     

    Sarkozy observe les candidats en tournée... Titre, signé Baptiste Legrand, Nouvel Obs', 8 février 2017 :

    Macron chez les pandas, Fillon sur un toboggan, Sarkozy au tournant

    Débat à TF1 pour la présidentielle. Titre, signé Sylvain Courage, Nouvel obs', 21 mars 2017 :

    Un Fillon costaud, un Mélenchon extraverti, un Hamon isolé, un Macron stressé et une Le Pen agressive.

    Sans La Libre Belgique du 28 avril.2017, Benjamin Masse cite François Patriat, commentant le passage des candidats chez Whirlpool :

    Marine Le Pen était dans l'image, Macron dans la compassion.

    À propos de ce passage, l'avis de Claude Askolovitch, slate.fr, 27 avril 2017 :

    La vérité méchante de Macron à Whirlpool valait mieux que les promesses de miel de Marine Le Pen

    Marc Vignaud, dans Le Point, 28 avril 2017, compare les stratégies et les programmes des candidats, sous le titre Macron-Le Pen : Monsieur Europe contre Madame Palissade. Extrait :

    Le candidat «et de droite et de gauche» face à la candidate «ni de droite ni de gauche»

     

    * L'anaphore

    [Petit Robert 2017, s. v anaphore * Rhét. Répétition d'un mot en tête de plusieurs membres de phrase, pour obtenir un effet de renforcement ou de symétrie. * Ling. Reprise d'un segment de discours (antécédent) par un mot anaphorique. - Nous considérons ici la première signification]

     

    Durant le débat télévisé du 4 avril entre les onze candidats à la Présidentielle, François Fillon définit le "Président exemplaire":

    «Qu'est-ce que c'est qu'un président exemplaire? C'est d'abord un président qui dit la vérité aux Français sur la réalité de la France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c'est un président qui met en œuvre les engagements qu'il a pris devant le peuple quelles que soient les difficultés. Un président exemplaire, c'est un président qui respecte son premier ministre et son gouvernement et qui respecte l'équilibre des pouvoirs prévus par la Constitution. Un président exemplaire c'est un président qui ne se sert pas des moyens de l'Etat pour affaiblir ses adversaires. Un président exemplaire, c'est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. Pour finir, un président exemplaire c'est un président, qui, au bout de cinq ans, peut dire qu'il a amélioré la situation et la vie des Français».

    :C'est une réplique cinglante à la célèbre anaphore Moi Président du candidat François Hollande, le 2 mai 2012 [écouter ] , que Pierre Assouline, le lendemain sur son blog, avait commentée ainsi :

    Si François Hollande est élu, nul doute que sa séquence rhétorique lui sera ressortie périodiquement pour le mettre face à ses engagements. On saura bientôt si l'abus d'anaphore nuit gravement à la vérité. (Le Monde, 03.05.2012)

    * La périphrase

     

    La candidature de Vincent Peillon à la primaire du PS serait pour faire obstruction à Manuel Valls...

    Ce qu'explique François-Xavier Bourmaud, dans Le Figaro du 14.12.2018 :

    le missile anti-Valls

    Les députés qui parraineraient E. Macron menacés d'exclusion.. Mais à qui le premier secrétaire du PS peut-il encore faire peur ? remarque Sophie Coignard, dans Le Point dut 8 février 2017.

    Cambadélis, le croquemitaine en peau de lapin

    François Bayrou, du MODEM, a pris parti pour Emmanuel Macron. Cédric Pietralunga, dans Le Monde du 18.03.2017, réécrit le titre d'un film... 

    l’homme qui parle à l’oreille de Macron

    Serge Federbusch, Le Figaro, 23.01.2017 : il critique "celui qui rêve encore de grand soir redistributif, de revenu universel permettant de se faire raser gratis" :

    le songe creux du post-soviétisme

    Ségolène Royal a envoyé à une centaine de journalistes une brochure qui relate son action depuis trois ans. Un document tout à sa gloire...Olivier Pérou, Le Point, 23.02.2017 :

    reine de l'autopromotion

    Fillon reconnu comme candidat à l'unanimité du comité des Républicains après la défection de Juppé. Dans une manchette du Canard enchaîné, 08.03.2017 :

    le repris de justesse

    Le Canard enchaîné du 22.03.2017 parodie une publicité alimentaire pour qualifier le programme de Marine Le Pen :

    un programme... pure peur !

    Keyser Söze fut classé 48e plus grand méchant de l'histoire du cinéma, dans le classement AFI... Sylvain Mouillard, dans Libération, 30.01.2017, n'hésite pas à dire : Macron...

    c'est Keyser Söze !

    sommaire * début "présidentielle"

    C. Néologie : le lexique s'est enrichi !

    De nouvelles formes ont agrémenté le débat...

    * Acronyme, sigle

    PRAF, pour Plus rien à faire Plus rien à foutre, titre du livre de Brice Teinturier (directeur de l'institut de sondages Ipsos), paru en février 2017 chez Robert Laffont : critique violente «d'une parole publique démonétisée, de jeux politiques artificiels et tournant à vide».

    BIB, pour Bonheur intérieur brut, comme le dit Paul Vignes, 20 ans, Français étudiant au Danemark : «ce pays est dans le top 3 des classements visant à déterminer le bonheur des pays dans le monde. » (Le Monde, 27 février 2017).

    * Homonymie, polysémie

    travail de sapes

    Des costumes de luxe offerts à François Fillon... Ce que commente Le Canard enchaîné, 15.03.2017) : « Mis en examen pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, etc. Fillon victime d'un travail de sapes ! »

    talent et... revue

    Des emplois fictifs pour Pénelope Fillon... Les correcteurs du Monde (25.01.2017) expliquent, sous le titre Pénelope est de la Revue : «Les mauvaises langues du Canard enchaîné révèlent dans leur livraison de ce jour que Penelope Fillon, femme au foyer croyait-on, avait eu en fait une intense mais fort discrète activité professionnelle, comme attachée parlementaire puis conseiller littéraire dans une publication appelée La Revue des deux mondes. Nul ne se souvient l’avoir vue travailler ni à l’Assemblée ni dans cette revue, mais ses appointements auraient atteint, néanmoins, des proportions titanesques. Nous ne savons si Penelope a du talent, mais il semble bien qu’elle ait reçu beaucoup de talents. »

    [On appréciera les périphrases satiriques "femme au foyer", "mauvaises langues du Canard enchaîné", l'évocation de Homère, la polysémie de "revue" et de "talent", le jeu d'opposition "intense vs discrète", "avoir vs recevoir".]

    * Patronymes

         Mots-valises, variations...

    Maolenchon * Hugo Domenach, Le Point, 10.06.2016 : « Seul candidat de la gauche de rupture, Mélenchon jour à Maolenchon. »

    Mélenchichon * Quand Benoît Hamon est devancé pat Jean-Luc Mélenchon, cette manchette, dans le Canard enchaîné (12.04.2017) : « Il passe sous la barre des 10% et se met en pétard... Hamon : "Je vais le fumer, le Mélenchichon !" »

    Emmanuel Hollande et François Balkany * Surnommé "Emmanuel Hollande" par Fillon, Macron le rebaptise "François Balkany" (Jean-Baptiste Garat, Le Figaro, 11.04.2017)

    Penelopegate * Ses "emplois" à la Revue des deux Mondes et à l'Assemblée nationale (Huffington Post, 17.02.2017)

    Vercingétorix Fillon et César Macron * En Auvergne, Vercingétorix Fillon à l'assaut de César Macron * Mael Thierry, Nouvel Obs' 08.04.2017

     

          ... dérivations et compositions

    fillonner * Un tweet de Bernard Pivot (01.12.2016) définit ce néologisme « arriver quand on ne vous attend pas ». Et définit hollander : « partir quand on ne s'y attend pas. »

    hamoniser * Création du Canard enchaîné (01.02.2017) : « Beaucoup de dissonances à gauche. Ça ne va pas être facile... d'Hamoniser le PS ! »

    filloniser * Que Philippe Ridet définit ainsi : « Filloniser signifie alors : avoir une belle apparence et parler franc.- Exemple : « Je suis à la tête d’un État en faillite ».(Le Monde, 27.03.2017)

    néo-mélenchoniste * On évoque « le programme néo-mélenchoniste de la candidate frontiste ».dans lecauseur.fr du 19.11.2016.

    se macroniser * Paris se macronise" : La Libre Belgique, 18.04.2017 (meeting de Macron à Paris...).

    macronisme / macroniste * Le macronisme est-il un populisme ? Dominique Dunglass, Le Point, 01.05.2017 * Législatives : le PS empêtré dans ses candidatures macronistes et socialistes, Bruno Rieth, Marianne, 01.05.2017

    macrono-compatible * Sous le titre « Au PS, la tentation du dossard En marche! »Les candidats «macrono-compatibles» rêvent à une investiture du parti du nouveau président pour pouvoir être élus. Le Figaro, 09.05.2017

    * Le son et le sens

    Poutou potache * Il s’est amusé à faire croire sur Facebook qu’il retirait sa candidature au profit de celle d’Emmanuel Macron. Kim Hullot-Guiot, Libération, 02.04.2017, titre.

    le coup du doux Poutou *

    racoler * Fillon finalement reconnu candidat. Malaise dans son parti. "Fillon aura du mal à racoler les morceaux !" (Canard enchaîné, 08.03.2017)

    fifty-fictif * Penelope Fillon chez les juges " François et moi, on a toujours fait fifty-fictif ! " (id. 29.03.2017)

    boubour * Dans Mediapart du 02.01.2017, Didier Porte dresse le portrait type de l'électeur de F. Fillon :  Soyez Boubour (bourgeois bourrin)

    l’arène de piques * «... des piques ! » Tel est le débat présidentiel, expliquent Laure Equy et Laure Bretton dans Libération, 21.03.2017.

    maroquin * La cheffe du FN juge sa nièce inapte à être ministre. Marion Maréchal : « Ça tombe bien... j'aime pas les maroquins ! » Canard enchaîné, 29.03.2017

    Valls valse * Primaire du PS; échec de Valls. Mélenchon : « Valls valse, encore une victoire du dégagisme ! » Le Point, 31.01.2017

    sous-marine * Perquisition au siège du FN. C'est de la plongée... ... sous Marine. Canard enchaîné, 11.02.2017

    de l'oral... à l'aigri * Canard enchaîné, 26.04.2017, ce bulletin de l'élève Mélenchon écarté au 1er tour, et aigri : « Le problème de Mélenchon Très brillant à l'oral... recalé à l'aigri ! »

    chaos et K.O * .Des grosses têtes du PS choisissent Macron avant le premier tour....où Hamon est éliminé. Titre signé Arthur Nazareth dans le jdd du 30.04.2017.:  Chez les socialistes, le chaos après le KO.

     

    Cécile Alduy, professeure de littérature à l’université Stanford, en Californie, a pris les hommes politiques français au mot dans

    Ce qu’ils disent vraiment

    Seuil, 01.2017, 380 p., 12€ * 1350 discours "disséqués".

    sommaire * début "présidentielle"

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Prolongements :

    L'actualité, déclencheur d'écritures variées : pamphlet - image - métalangage - le son et le sens

    La politique intérieure dans l'hexagone, du 01.12.11 au 01.12.12 : titres dans la presse

    Actualité : la fabrication du titre

     

     

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    Coin lecture

    Lire, c'est toujours créer des liens. (Jean Verrier)

    Recensions parues, page librairie de LMDP (avril et mai 2017)

    Alain Braconnier, L'enfant optimiste * En famille et à l'école

    Odile Jacob, 2015, 312 p., 22.90€

    "J'ai décidé d'écr

    ire ce livre sur l'optimisme de l'enfant parce que c'est la première marche de l'éducation"' (7) ; et un peu plus loin,  il définit l'objectif à atteindre : "savoir réfléchir de façon optimiste plutôt que pessimiste peut être appris tout au long de l'enfance." (8). Et cela commence... dès la naissance ! D'où l'importance décisive de l'optimisme parental, qu'il évoque par cette charmante citation de l'acteur américain Robin Williams : "On naît avec une petite étincelle de folie. Il ne faut pas la perdre." (26) Cet optimisme s'exprimera dans l'échange de sourires, qui crée le bien-être du bébé, la satisfaction qu'on s'occupe de lui.

    Très tôt, le jeune enfant acquiert la confiance en soi - et la conscience de soi - autant par l'attention qu'on lui accorde que par l'éveil de sa curiosité, exprimée en de multiples pourquoi ? Et notre auteur, à ce propos, interpelle l'enseignant par cette remarque qui nous paraît capitale, et qui met sérieusement en question nos pratiques pédagogiques : susciter le plaisir de la découverte importe plus que faire retenir ! (v. 56)

    Survient l'adolescence, avec les potentialités nouvelles du corps et de l'esprit, et la liberté face aux menaces et aux risques : c'est maintenant, pour ce futur adulte, le temps de l'optimisme à risque, qui permet de "prendre des risques avec lucidité" (75) dans la route vers l'autonomie et la responsabilisation(v. 77).

    "L'optimisme en famille, ça se travaille" : c'est le titre de la troisième partie(159-194). Pour étayer l'optimisme, quelques atouts : valeur de l'exemple, confiance accordée, disponibilité, éco

    -ute bienveillante : Écoute mes questions ! Écoute mes réponses ! ...

    Ill en va de l'école comme de la famille... L'élève optimiste : ce titre attend encore un auteur, homme (ou femme) de terrain, de préférence.

     

     

     

    Frédéric Lenoir, La guérison du monde

    Fayard, 2012, 318 p., 11.20€

    "La crise du monde moderne a des racines lointaines" (11). Le processus commence quand l'humanité passe du paléolithique au néolithique : le nomade se fait sédentaire, construit des villages..."qui deviendront cités, puis royaumes, empires et civilisations" (13).

    Nous voilà donc interdépendants, mais davantage soumis aux mécanismes technologiques et économiques que nourris et enrichis par le dialogue des cultures : c'est l'avènement de l'homo economicus, du consommateur livré à une logique marchande ! Et le risque de l'épuisement des ressources apparaît de plus en plus sérieux. La frénésie de production dégrade l'environnement, entraîne des crises climatiques : "Notre santé (...) est en péril, c'est l'espèce humaine qui est elle-même en danger." (101)

    De plus, et à un rythme croissant depuis quelques décennies, l'information est devenue globale et pressante : il nous est malaisé de la contextualiser pour la comprendre, pour en saisir les enjeux. Et c'est une source de peur, de passivité, de résignation, de conditionnement, voire de manipulation des consciences.

    Voilà pour les symptomes. Pour y faire face, pour "réenchanter le monde", il faut renouer le lien avec l'environnement, avec l'humanisme - justice, solidarité, fraternité, avec soi-même (v. 119-120). Et l'auteur de citer des témoins, groupes ou simples citoyens, au service de la Terre : biodiversité, écologie... ; au service de l'humanité : monnaies alternatives, commerce équitable, finance solidaire, non violence, diplomatie de paix (San Egidio), Forum social mondial... ; au service de la personne : favoriser le développement personnel, adopter de nouveaux modes de vie par la modération et le dialogue, reconnaître les valeurs universelles telles que vérité, justice, liberté, amour.., et tout particulièrement la richesse de la connaissance de soi : "c'est par là que l'homme se libérera du vice et du malheur' (198). C'est du Socrate !

    Ainsi passerons-nous "de la convoitise à la sobriété heureuse" (269), "du découragement à l'engagement" (273), de la dépendance à l'émancipation (v. 285), de l'extériorité à l'intériorité'(291).

     

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