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SOMMAIRE 

numéros parus depuis 1990

 

 

Publiés en version "papier" de septembre 1993 à mars 2004, les numéros 074 à 116 de la revue pédagogique LMDP seront progressivement mis en ligne.

Une cinquantaine d'articles parus dans cette série sont déjà sur notre site Internet : voir la page sommaire (titres en couleur rouge) ou la page archives. * Suivre cette mise en ligne

 

 

Numéro 103 - Décembre 2000

mis en ligne : juin 2015

Sommaire

 

1.  Une classe de lecteurs - Le prix Versele et ses retombées - 1er degré

2.  La discrimination positive, dans un projet autour de la bibliothèque - Sections professionnelles    

3.  La société de consommation - Approche sociologique - 3e degré ►  

4.  Spectacle fancy fair - cinéma  -2e degré                                

5.  A la découverte de la une du journal - 1er degré

6.  Théâtre et argumentation - Racine, Andromaque, II, 2 & III, 4 - 3e degré T                       

En guise d'édito

« Au fait, où est l'erreur ? »

L'erreur n'est pas toujours du côté que l'on croit, et il est absurde de parler de remédiation s'il n'y a pas eu auparavant une authentique médiation, celle notamment qui doit pousser l'enseignant à interroger son propre savoir.»

D'après Stella Baruk, dans l'ouvrage collectif L'école: diversités et cohérence, Nathan 1996

Interroger son propre savoir... Évidemment ! Mais encore: interroger la manière dont nous le faisons acquérir par nos élèves

A méditer dans ces moments indispensables que sont nos moments d'autoévaluation. 

 

Une classe de lecteurs

Classes de première - Récit de Christian Thirion et Éric Gob, Inst. Ste-Julie, Marche-en Famenne

 

Proposer, non imposer

En début d'année scolaire dernière, lors d'une visite à la Bibliothèque de Marche, nous surprenons une conversation qui nous donne quelques informations sur la sélection cinq chouettes pour le Prix Versele (que les lecteurs du Ligueur connaissent bien). De l'avis de la dame qui en parle, les livres semblent difficiles pour le public normalement visé, à savoir les enfants du dernier cycle du primaire. Réaction immédiate! Proposons à nos élèves de première de participer à l'attribution de ce prix très convoité.

Le premier contact avec les bibliothécaires nous apprend que nous ne pourrons bénéficier que de deux exemplaires de chacun des six ouvrages sélectionnés. Impossible donc de faire lire la totalité des livres à nos quarante-sept élèves en quelques mois. Cette contrainte conforte notre idée de départ qui était de proposer l'activité et non de l'imposer puisque, par ailleurs, d'autres projets de lecture avec toute la classe sont en chantier.

Échanger ses impressions

Très vite, les élèves sont informés et ils comprennent que s'ils se portent volontaires pour faire partie de ce grand jury, ils doivent s'engager dans un voyage au bout de... la lecture. Pas question donc d'abandonner en chemin ni d'y consacrer vraiment du temps en classe, puisque tout le monde ne participe pas. Sur l'ensemble de nos deux classes, une quinzaine de potaches relèvent le défi. Car c'est bien d'un défi qu'il s'agit pour plusieurs d'entre eux qui n'ont jamais lu à ce rythme-là. Chaque classe dispose en effet des livres pendant plus ou moins deux mois, ce qui représente plus d'un livre tous les quinze jours... Et comme tous ceux qui ont dit «oui» ne lisent pas nécessairement comme ils respirent...

Qu'à cela ne tienne! Les ouvrages sont distribués et très vite, ils commencent à circuler. Avec les premiers échanges de livres viennent les premiers échanges d'impressions, les premiers avis... Toute une série de contacts autour du livre qui dureront jusqu'au moment solennel du vote pour le titre préféré et de l'envoi officiel des bulletins.

Au bout du compte

Survolée comme cela, cette expérience de lecture en marge de la classe peut paraître un peu gratuite. Il nous semble cependant qu'elle n'a pas été inutile, même pour ceux qui n'avaient pas voulu accomplir le pas décisif.

 

1.  Elle a généré un engouement pour le livre qu'on n'a pas toujours connu les années précédentes. Ainsi, jamais la bibliothèque de classe, alimentée par les élèves eux-mêmes, n'a été aussi fournie, aussi attrayante, aussi bien tenue que l'an dernier.

2.  En première Ab, toute la classe a souhaité lire au moins un des livres de la sélection (Le secret du feu, de Henning Mankell, Castor Poche). Il y avait pourtant un test de vérification de lecture à la clef, mais le sujet interpellait à l'heure où l'on parlait beaucoup des mines antipersonnel.

Le livre retrace en effet l'histoire d'une petite fille du Mozambique qui, suite à l'explosion d'une de ces mines, perd sa sœur et doit être amputée des deux jambes. L'essentiel du récit raconte ses efforts pour surmonter son infirmité et conserver intact le souvenir de sa sœur disparue.

On le voit, le thème était on ne peut plus sérieux, et pour plusieurs élèves, cette lecture a constitué le premier contact avec une littérature plus «grave», d'autant plus grave que ce drame a été réellement vécu par la petite Sofia que l'auteur a connue au Mozambique.

3.  Les avis entendus après les premiers échanges manquaient singulièrement de nuances. C'était l'occasion d'observer, avec toute la classe, quelques brèves critiques de livres ou de films, et de constater qu'en général, dans des textes de ce genre, on relève les aspects positifs et négatifs de l'œuvre envisagée.

Un autre travail a été proposé ici, une des consignes (et un des critères d'évaluation) étant évidemment de donner un avis nuancé sur le livre choisi librement par chacun dans la bibliothèque de classe.

 4.  Les ouvrages de la sélection venaient de maisons d'éditions différentes, à l'exception du Génie de Yolonda et du Garçon de nulle part, parus tous les deux à l'École des loisirs. Partant de là, il était intéressant de proposer une approche du livre en tant qu'objet (couverture, quatrième de couverture, illustration, collection...) et une présentation de quelques collections spécialisées dans la littérature pour la jeunesse.

Et dans la suite de l'année...

Il est clair que la plupart de ces séquences auraient pu être menées en dehors de tout contexte Prix Versele. Cependant, pour plusieurs élèves, le fait de s'être engagés dans ce projet a certainement constitué un stimulant pour les autres activités proposées pendant le reste de l'année.

Finalement, et avec le recul, l'expérience nous semble plutôt positive. En mesurer l'impact réel sur les élèves est impossible, mais au moins, au cours de l'année, une bonne partie d'entre eux aura gardé le contact avec le livre. Ce n'est probablement pas un mal...

 Laissons le mot de la fin à une des quinze volontaires du début, maintenant passée en deuxième entre les mains d'un collègue: «Monsieur, cette année, il y a encore le Prix Versele?»

 Livres sélectionnés pour le Prix Versele 1999-2000

E. Baudouin, Piero, Seuil.

C. Fenner, Le génie de Yolonda, coll. Neuf, L'école des loisirs.

S. Glover, Le garçon de nulle part, coll. Neuf, L'école des loisirs.

J.-C. Mourlevat, La balafre, Pocket Junior.

Henning Mankell, Le secret du feu, Castor Poche, Flammarion.

J.-F. Chabas, Les secrets de Faith Green, Casterman.

C'est ce dernier ouvrage qui a obtenu le Prix Versele... et qui, en général, avait été plus apprécié de nos élèves.

Bernard Versele

Il fut un des premiers hommes dans la crèche.

En 1970, il organise à la crèche «le centre de la petite enfance» d'Anderlecht la première exposition de jouets pour tout petits ouverte à tous. Il considère en effet le jeu - pour l'enfant comme pour l'adulte - comme une activité fondamentale.

Son engagement est aussi politique: à partir d'une étude des handicaps socioculturels de la population de cette crèche, déceler et dénoncer les carences de notre société. Il organise des séminaires de formation permanente des puéricultrices.

Il meurt accidentellement en 1977, à l'âge de 33 ans. Peu auparavant, au cours d'une conférence de presse, il avait insisté pour que la Ligue des familles crée un label de qualité pour les livres d'enfants: ce fut chose faite en 1979, année internationale de l'enfant, avec la création du Prix Versele couronnant chaque année les meilleurs livres pour enfants, et choisis par des enfants.

La Ligue des Familles présente le prix Bernard Versele dans la brochure Pour une approche fami­liale du livre, disponible sur demande au Service du Prix Bernard Versele 127, rue du Trône 1050 Bruxelles

 Des communautés de lecteurs...  

par Joselyne GIASSON,  professeur à l'Université Laval

Citant Albert Jacquard (" le rôle de l'école n'est pas de préparer les enfants à s'intégrer à la société, mais de former des enfants capables de créer une société nouvelle"), elle poursuit:

Il ne s'agira plus seulement de former des lecteurs qui «comprennent» les textes, mais de former des lecteurs capables de réfléchir et de créer. [...] A cette dimension de lecture personnelle, l'école peut ajouter une contribution essentielle, celle de propo­ser aux élèves de partager leur interprétation du texte. L'apport de l'école sera donc, non seulement d'inciter les élèves à lire, mais surtout de favoriser l'éclosion de communautés de lecteurs qui réagiront aux textes et interagiront. Il est primordial de faire acquérir aux élèves ce sens de la communauté, car il ne peut y avoir de transactions signifiantes avec le texte si les élèves ne se sentent pas membres d'une communauté de lecteurs. C'est par les discussions authentiques animées par l'enseignant ou réalisées entre camarades que le sentiment d'appartenance à une communauté se développera, sentiment fondé non pas sur la conformité mais sur la pluralité et la différence.   

Vie pédagogique (revue) n° 100 (septembre-octobre 1996), p. 53.

sommaire & édito 103 * début "classe de lecteurs"

La discrimination positive, dans un projet autour de la bibliothèque

Inst. St-Joseph, Charleroi

Sections professionnelles (hôtellerie et monitorat d'accueil)

Présentation: Patricia Andris & René Fensie

  Les objectifs du projet 2000-2001

Diminuer l'absentéisme, le décrochage scolaire et les échecs

(Re-)motiver les élèves

Diminuer la violence

Combler le décalage entre l'école et la vie professionnelle

Dans cette perspective, faire de la Biblio-Centre de documentation (BCD), un espace de

promotion de la confiance en soi et de développement de la personne

intégration pour la vie économique et culturelle,

préparation à la citoyenneté responsable,

ouverture vers l'émancipation sociale.

 

A. Préalablement, réaliser un projet d'aménagement et de fonctionnement de la BCD

En voici les étapes.

*   Réunion de présentation du projet à tous les professeurs des sections professionnelles, avec échange sur le descriptif distribué à tous:

attentes de chacun par rapport à la BCD;

propositions d'achats, d'abonnements (livres, revues, CD-Rom...);

comment associer la BCD dans la réalisation des projets de chaque professeur.

*   Création d'un Règlement d'ordre intérieur de la BCD (réalisé par R. FENSIE dans le cadre de ses cours en 6e MON. & 7e B AMS).

*   Mise en place; classement des livres; encodage informatique sur le logiciel Papyrus.

*   Appel à l'ensemble des professeurs, puis des élèves, pour récolter des livres; tri; vente-échanges.

*   Création d'un Module de gestion (pour les professeurs), d'un Module d'utilisation (pour les élèves). Comment se retrouver dans une bibliothèque? Comment trouver un document, un livre?

*   Présentation de la BCD à tous les élèves (par tournante) en associant les titulaires; visite pour l'ensemble du corps éducatif.

*   Inauguration et présentation de la BCD aux parents lors de la seconde réunion de parents.

*   Réunions mensuelles regroupant les responsables de la BCD, les professeurs, les délégués des élèves, des représentants de la Direction: relever les attentes, les besoins, les demandes.

*   Création de fichiers par les élèves du 3e degré dans le cadre des cours (FENRE et ANDPA, plus des volontaires):

fichiers thématiques (relevés de revues)

fichiers auteurs et thèmes pour les livres via le logiciel Papyrus.

*   Mise en place du système de gestion des lecteurs (cartes de lecteurs).

*   Aménagement d'un coin-lecture pour le premier degré (coussins, tapis, petite table...).

 

B. Des projets d'animation de la BCD

1. Projets d'ouverture à la culture générale

*   Pierre-Bernard Velge (Flics et voyous) - dans un premier temps pour les professeurs: Comment aider et motiver les jeunes aujourd'hui?

     Mars 2001 - Création d'ateliers pour et avec les élèves du 3e degré.

*   Avec le concours de la Direction générale de la Coopération internationale (Mme A. Constant, de Bruxelles)

     Au 3e degré: La mondialisation, facteur de progrès ou d'inégalité?

Au 2e degré: L'accès à l'eau: un droit fondamental

                        Pourquoi la faim et la famine au seuil de l'an 2000?

Au 1er degré: Le travail des enfants dans le monde

*   Avec le concours de Médecins sans frontières: présentation de l'organisme, débat.

*   En section Hôtellerie-Restauration, avec le concours de l'Office des produits wallons: Animation autour des produits du terroir - Ou encore: Produits de petits producteurs régionaux (fromages, confitures...) - Ou encore: La cuisine et les pays

*   En Monitorat d'accueil: invitation de témoins (mutualités, syndicats, assistance sociale, infirmières...)

*   En 7e HR & AMS,

avec la CSC de Charleroi: intolérance et racisme; entretien d'embauche; formalités administratives au sortir de l'école;

exposition et conférences sur le thème eau et environnement (Mme Duckstein, de l'ULB)

 

C. Des projets propres à la bibliothèque: activités de lecture et d'écriture

*   Avec l'ASBL Jeunesse présente - Indications (M. B. Anciaux), quatre modules, chacun de deux périodes:

     La nouvelle policière - Par la méthode des hypothèses de lecture, pénétrer dans l'univers de ce genre; avec ateliers d'écriture. - Au 3e degré

     La littérature de jeunesse - Lecture d'un roman ou d'un recueil de nouvelles à partir de techniques d'approche adaptées à l'œuvre - En 4e

     La littérature de jeunesse - Idem, en 3e

     La valise-objets - Activité qui a pour but de susciter chez les élèves l'expression de leur créativité orale. A partir d'objets, ils sont invités à dire ce qu'ils sont, à exprimer leurs sentiments, leurs sensations et les jugements qu'ils portent sur le monde qui les entoure - Au 1er degré

*   Avec le Centre culturel régional de Charleroi (Mme Régine Oliva) - Animation-lecture vivante, sur le thème La cathédrale de brume de Paul Willems. Cet auteur pose une série de questions sur les conditions de la lecture: où, quand, comment lit-on?

*   Avec la librairie Molière de Charleroi (Mme Labie)

     Les contes (au 1er degré) - La science-fiction, le fantastique - Au 2e degré

*   Autour de la presse:

Avec la FUNOC de Charleroi (M. Thierry Verhoeven): analyse de la une de différents journaux; réalisation d'un journal (en 5e année).

Rencontre d'un journaliste du journal Le  Soir (en 7e)

Chaque semaine, affichage d'une revue de presse à la BCD.

 

D. Autres projets

 *   Visite d'autres bibliothèques de catégories différentes: UT et A. Rimbaud à Charleroi, Les Chiroux à Liège, l'Albertine à Bruxelles, une bibliothèque universitaire (Namur ou Liège), Fonds Quételet à Bruxelles (Bibliothèque du Ministère des Affaires économiques) - Au 3e degré & 7e P

*   Café littéraire & philosophique - Discussion-débat: violence, drogue, racisme... - De la 1re à la 7e (Patricia Andris)

*   Avec le Centre pour l'égalité des chances de Bruxelles: Intolérance et racisme; à partir du vécu dans l'école - Pour les professeurs

*   Animations diverses

     Rencontres d'éditeurs (e. a. éditions Lansman - J.-Chr. Borremans: littérature et théâtre québecois).

     Expositions: Les épices, le café, le thé...; travaux d'élèves (arts plastiques, écritures en français...).

     Goûters-lectures, en collaboration avec les professeurs de PP

     Clubs de lecture - Par niveau

     Autour de l'écrit: concours d'affiches; présentation et critique de livres, de films; concours d'écriture

     Réalisation de dossiers: aide à la recherche bibliographique, à la consultation d'ouvrages de référence...

 

sommaire & édito 103 * début "projet bibliothèque"

La société de consommation : approche sociologique

 Récit d’un parcours réalisé par Christian Munster dans une classe de 6e, IND, Saint-Hubert

article déjà en ligne

Spectacle fancy-fair cinéma 2000

Récit de Danielle Connerotte

Classes de 3e G ET T - CS SJND, Jumet (Charleroi)

Des élèves témoignent.

 Au cours de cette année scolaire, j'ai eu la chance d'apprendre énormément de choses. Notamment que le théâtre est l'une des plus belles manières de communiquer ses sentiments. En effet, imaginez un petit groupe de jeunes gens qui, poussés par l'envie de découvrir le monde de la comédie, se lance dans un pari un peu fou: jouer un spectacle entièrement organisé par eux-mêmes avec l'aide de leur professeur! Dorénavant, j'ai la fierté de dire que j'en ai fait partie.

Au départ, certains se trouvaient incapables, d'autres trop timides. Mais qu'est-ce que la timidité? Un sentiment de gêne? Une incapacité à communiquer aisément? Alors, permettez-moi de vous dire que le théâtre se chargera de transformer tout ceci... Par la suite, le temps modifiera des comportements, des avis et... certains se décideront, peut-être grâce à l'enthousiasme de quelques-uns.

Au fil des jours et des mois qui s'écouleront, ce petit groupe dispersé que nous étions deviendra une sorte de famille unie. Des liens qui n'existaient pas se créeront, on s'encouragera, on s'aidera.

Et puis, le grand jour arrive. Un jour où toute la famille et tous les amis sont dans la salle. Ils attendent notre arrivée sur scène au moment même où nous guettons le signal de faire notre première apparition. La tension monte. Certains se contentent d'une frappe amicale, d'autres ferment les yeux, silencieux.

Enfin, quand tout est fini et que les applaudissements pleuvent, que les rires se font entendre, même les timides voudront recommencer!

Paradoxe? Peut-être, mais réalité, sûrement.

Cristina

Le spectacle sur le cinéma m'a appris deux choses. La première, c'est de parler correctement. En effet, il y a deux ans, je parlais trop vite, je mangeais les mots. C'est avec les billes en bouche et la technique du crayon que j'ai acquis le savoir parler.

La seconde, c'est que j'ai découvert une partie de moi que je ne connaissais pas: jouer la comédie et faire rire.

Une fois sur scène, on se sent libre, on a l'impression d'être au sommet, on se sent le maître du monde. Les rires et les applaudissements m'ont donné une telle satisfaction que maintenant, je souhaite prendre des cours de théâtre.

Ceci dit, je ne dois pas crier victoire trop vite. Comme dit mon professeur, tu as encore de grosses difficultés dans la langue écrite mais si, pour les surmonter, tu mets l'énergie que as investie dans le spectacle, tu feras vite des progrès.

C'est vrai, j'ai encore beaucoup de travail à fournir...

ManuelCes témoignages, j'aurais pu les multiplier par douze, puisque sur 40 élèves (deux classes), 24 ont choisi de monter sur les planches. Pas un n'a eu d'avis négatif. Au contraire, certains ont regretté leur courte apparition, d'autres, de n'avoir pas osé...

Le projet de ce spectacle a donc mobilisé des heures de cours autour du thème le cinéma. Voici notre parcours, dans lequel théâtre et cinéma vont souvent se croiser. 

1. Amphitryon, de Molière, par le théâtre du Copeau, en soirée à Charleroi

 Octobre 1999. Le spectacle proposé n'est pas obligatoire. Plus de la moitié des élèves y assistent. En prélude à ce moment de théâtre, je lis les critiques de la pièce à travers la presse. Ce qui nous amène à discuter de l'histoire, des personnages et de Molière. Cela initie les élèves à un genre tout nouveau pour eux: la recension d'un spectacle, où il ne suffit pas de raconter, de décrire, mais... de porter un jugement. Voici deux essais:

e spectacle était un peu long; de plus, il n'y avait pas d'entracte. Mais en revanche, le décor et les costumes étaient originaux: les dieux étaient habillés de vêtements modernes, tandis que les autres acteurs, d'habits conformes au passé.

Le chant des comédiens était très beau. Les jeux de lumières dans les différentes scènes donnaient un plus au spectacle. Jupiter jouait bien son rôle et présentait le spectacle, ce qui n'est pas habituel. Sosie était naïf et peureux, ce qui le rendait drôle et amusant.

Alessandro
h

Une énième pièce de Molière, qui fut jouée avec originalité. Les qualités majeures furent la richesse des mimiques et le jeu des lumières qui devenaient plus claires ou plus sombres selon les personnages qui s'avançaient pour entamer le récit.

Cette pièce contient quelques belles performances d'acteurs, notamment Jupiter, Mercure et Sosie.

Alexandra

2. Lecture de la trilogie de Pagnol

2.1. Marius

Je propose aux élèves une grille de travail:

Portrait physique et caractère des personnages

Résumé de la pièce en 15 lignes

          Grille d'évaluation:

          orthographe - cohérence - contenu

Caractère de la pièce: tragique? comique? tragi-comique?

Représentation du décor (dessin ou plan précis)

Respect ou non de la règle des 3 unités

Présentation d'une scène au choix

          Grille d'évaluation:

          mémoire - justesse du ton - volume de la voix - articulation  

 Chaque réponse sera présentée avec les références utiles. Après ma correction, nous passons à une correction complète de la fiche de lecture, et nous discutons. Pour la phase orale, les élèves critiquent leurs camarades après chaque passage du groupe. Ce premier travail s'organise à partir du vécu et du ressenti de chacun.

 

 2.2. Fanny

Je propose une nouvelle grille de travail:

Evolution des sentiments de Fanny, de César

Composition d'un titre explicatif à l'ensemble du livre (3 lignes)

Statut social par la langue - Qui est qui?

Analyse de la lettre de Marius:

 

a/ Raconter la lettre de Marius à la troisième personne du singulier.

          Grille d'évaluation: orthographe, 3e pers. du sing., temps, cohérence

b/ Choisir un partenaire et jouer la scène «la lettre et sa lecture».

          Grille d'évaluation: déplacements, gestes, mimiques, rythme, intonation, articulation, puissance de la voix

 

A ce stade du parcours, nous faisons une pause qui permet, avant de s'exercer par groupes, d'observer quelques extraits de film:

La lettre de Marius, avec Raimu; Cyrano de Bergerac, tirade des nez, avec Gérard Depardieu; My Fair Lady, la scène des billes dans la bouche; Faux contact.

Je donne du temps en classe et je passe dans les groupes pour apprécier et conseiller chacun.

 

2.3. César

Cette troisième grille de travail prépare l'examen de juin:

Evolution des sentiments de Césariot

Grandes différences de construction entre les deux premiers livres de la trilogie et César

Résumé en dix lignes de la situation finale

Grille d'évaluation: orthographe - organisateurs -  textes: SF - vocabulaire

Preuves de la «mise à nu» de Panisse, César, Fanny

 

3. Festival international du film à Charleroi

Au mois de janvier, après discussion et accord des élèves, j'inscris la classe de 3e sciences économiques appliquées au festival international du film à Charleroi.

Je choisis le thème le plus approprié à l'option des élèves, d'autant que cela permet de travailler sur un autre axe. En effet, selon l'atelier choisi, mes collègues d'économie et de comptabilité élargissent le cours à la situation présentée.

Ma petite entreprise, de Pierre Jolivet, avec Vincent Linton, François Berlingot, Rosconne Sem, Sebou Breitman, raconte les déboires d'un chef d'entreprise qui a tout sacrifié à sa menuiserie, et dont l'atelier est ravagé par les flammes. L'ami courtier d'Yvan est un magouilleur, et Yvan n'est donc pas assuré. Pour éviter la faillite et empêcher que ses ouvriers ne se retrouvent au chômage, il doit se résoudre à enfreindre la loi.

Un dossier pédagogique offrait plusieurs pistes d'exploitation du film.

Au cours de français, nous étudions la fiche technique et la critique du film. Il est également possible d'analyser les textes des chansons d'Alain Bashung, et notamment Ma petite entreprise, bande originale du film, et de découvrir l'historique des moyens de communication.

A la suite du film, quatre ateliers étaient proposés. Mes collègues et moi choisissons le débat sur la création d'une entreprise, ce qui fait la part belle au cours d'économie: que créer, comment, pourquoi, où, qui...?

Au cours du débat, les élèves sont confrontés au monde des adultes: des femmes de 30-40 ans à la recherche d'un emploi et en passe de créer leur propre situation. Quelques leçons de vie émaillent le débat...

 4. Spectacle de la fancy-fair

 En parallèle à ces différents travaux, les deux classes sont en recherche d'idées pour le spectacle. Je m'arrête un instant pour rappeler que, même si le professeur laisse une grande liberté de choix, il doit suivre les élèves de très près, les soutenir, les encourager et leur proposer beaucoup de pistes, car peu seront retenues!

J'insiste sur le caractère non obligatoire du spectacle. Par contre, chacun doit choisir un numéro, un rôle, et apprendre à le jouer en vue de l'examen oral de fin d'année.

Dès le départ, les choses sont claires: je travaille avec eux, mais ils sont les moteurs. Je place la barre le plus haut possible, et le mot rigueur fait partie de mon vocabulaire au quotidien.

 *

Au terminus, nous ficelons un spectacle de 35 minutes intégré dans un spectacle de 3 heures. Les spectateurs sont assis dans la salle pour voir un film et, avant sa projection, ils assistent aux publicités et extraits de films nouveaux: Bouquet de séquences et de publicités.

Voici les morceaux choisis:    extrait de La folie des grandeurs

parodie de la publicité Coca-cola

sketch «H», mission humanitaire

publicité La mode Baraki (défilé)

extrait de Dîner de cons

danse sur la chanson du film Men in black

 

Il faut encore penser à lier ces morceaux. C'est chose faite dans la présentation des extraits (affiche montrée de façon comique) et le choix de musiques appropriées.

Celles-ci sont sélectionnées dans un large éventail de titres enregistrés par un élève qui ne monte pas sur scène:

musique générique du film Dîner de cons pour l'introduction et pour la fin

jingle de l'émission Fort en tête pour les publicités

musique générique du film Mission impossible pour le défilé

musique de la publicité Coca-cola

 Chaque groupe a travaillé en classe et à l'extérieur, seul et avec moi, dans une progression la plus rigoureuse possible.

 Exemple du travail pour Dîner de cons:

Projection du film avec Villeret, Lermitte et Huster

Lecture de la pièce de laquelle est tiré le film

Choix de la séquence à jouer

Remaniement léger du texte en fonction du comique (film - pièce)

Réajustement du choix de la séquence

Attribution des rôles

Mémorisation

Mise en scène

 Pour terminer cet article, je serai brève, car les témoignages sont éloquents.

Cette longue séquence autour du thème le cinéma s'est construite très progressivement, à partir de jalons posés, les uns prévus, les autres opportuns.

J'ai vu des élèves mûrir, s'affirmer, communiquer, apprendre à se connaître. J'ai vu un bègue jouer un rôle important, sans bégaiement. J'ai vu un groupe classe rencontrer un autre groupe classe et partager des moments de découragement, d'énervement, de tension, de rire, de stress, de joie, d'émotion, d'étonnement.

Cette expérience a laissé dans la tête de chacun, élèves et professeur, un sentiment très fort de richesse partagée et de parcours intense qui fait grandir...

sommaire & édito 103 * début fancy-fair

A la découverte de la une du journal

Premier degré

Propositions pour lire et écrire

  Les élèves apportent en classe différents quotidiens, si possible de la même date, pour comparer la manière dont la une présente un même événement. (1) Ils sont avertis d'entrée de jeu que cette lecture les prépare à travailler... plus tard à la rédaction de la une d'un quotidien.

 [Choisir des journaux à large public. Certains journaux ayant un lectorat plus spécifique (monde des affaires, intellectuels, amateurs de sport, etc.) exploitent moins - ou autrement - la fonction... apéritive de la une.]

Plus tard !... Parce que, d'ici là, d'autres activités seront indispensables:

       

les "entrées en textes": surtitre, titre, sous-titre, chapeau, intertitre...

        la grammaire et la rhétorique du titre

        l'image et la légende

        les rubriques de l'information

 

1.       Avec mon équerre et ma règle graduée...

Image et texte: deux langages complices d'une même intention!

          [Il est peut-être utile, préalablement, de distinguer le format tabloïd(e) du format courant. ]

          Quelle est la surface occupée par les illustrations (surtout des photos, parfois des dessins) en comparaison avec la surface occupée par les textes? Un tiers, la moitié, les trois quarts?

Échange de vues: quelle(s) raison(s) d'accorder tant de place à l'illustration?

Quelques réponses des élèves serviront de matériau pour établir une synthèse. Par exemple:

Ça se voit de plus loin que le texte.

Souvent c'est en couleur et ça attire l'attention.

Une image en dit aussi long et même plus long qu'un texte.

On voit d'abord l'image, puis on lit ce qui s'y rapporte.

Sur l'image, on reconnaît souvent des personnages connus, vedettes, politiciens, sportifs.

Parfois on achète un journal parce que l'attention a été attirée par telle ou telle image.

A la TV aussi, nous retenons sans doute plus facilement les images.

            Petite diversion au grenier du papy: je dois y trouver des journaux datant de sa jeunesse. Je compare la proportion images / textes avec celle de notre... millénaire. Les temps changent... et les langages évoluent!

 

2.       Des textes pour annoncer d'autres textes

          Dans beaucoup de quotidiens, aucune information n'est complètement développée sur la une. Les indications Page x, Suite page y, V. page z, En pages régionales, Voir nos pages sportives, etc., sont donc très fréquentes. Si la une comporte parfois un article "entier et signé" (rarement deux!), ce n'est en fait qu'une sorte de prélude à d'autres articles dans le corps du journal.

          Essayons de classer par ordre décroissant de longueur des formes textuelles de la une qui renvoient aux autres pages:

     titres et résumés (rarement plus de 10 lignes): souvent groupés en damier ou en colonne  

*   une colonne de trois ou quatre photos avec titre et légende d'une ou deux lignes

*   plus simple encore: un sommaire des différents domaines qui reviennent quotidiennement (culture, religion, sport, météo, mode, mots croisés, cinéma, carnet mondain, nécrologie...), à raison d'une seule ligne par rubrique, avec le numéro de la page.

Au total, combien de fois apparaît  sur la une l'indication: Voir page x, Suite page y, etc.?

          Poursuivons l'échange de vues: pourquoi la une ne comprend-elle pratiquement que des textes annonçant ce qui est plus loin dans le journal?

Quelques réponses des élèves serviront de matériau pour établir une synthèse. Par exemple:

 

Le lecteur pressé trouve vite l'information, peut même s'en tenir au résumé, voire au seul titre.

Pour moi, la une est un peu comme une vitrine, comme des portes d'entrée.

C'est comme une invitation à un libre parcours: je compose mon menu de lecture.

Disposée chaque jour de la même manière, cette page facilite la recherche de l'information.

Ça s'inspire peut-être des journaux publicitaires qui veulent nous attirer?

Je pense aussi au portail d'un site internet, qui m'invite à naviguer dans les pages.

 En guise de conclusion

*   La "géographie" de la une:

D'un jour à l'autre, pour un journal donné, il n'y a guère de différence dans l'organisation de l'espace de la une. De cette façon, le lecteur s'y retrouve aisément pour consulter son quotidien. Le journal met ainsi en place des comportements de lecture. Des conditionnements, peut-être...

*   La une comme "genre textuel":

     Elle est d'un genre mixte,

     à la fois verbal et iconique

à la fois informatif (le texte pour apprendre, pour comprendre...) et incitatif (le texte pour agir sur un lecteur, pour susciter son désir, voire pour déterminer son opinion...).

 

            Quelques lectures pour l'enseignant

Avec la cote de référence de la Bibliothèque Espace 27 Septembre de la Cté fse Boulevard Léopold II 44 1080 BRUXELLES

 [Faut-il rappeler que le service de prêt y est gratuit?]

             Connaissance et usage de la presse, AGCD Bruxelles, 1992, coll. Actualquarto, dossier de presse, F 4371 C

André BAILLON, Par fil spécial: carnet d'un secrétaire de rédaction [La dernière heure], Labor Bruxelles, 1995, coll. Espace Nord 76246 M

Jean-Jacques COLTICE, Comprendre la presse: informer hier et demain, Chronique sociale Lyon 1995, Coll. L'Essentiel. Savoir communiquer, F 34810 B

Michel-Antoine BURNIER, Le Journalisme sans peine, Plon Paris, 1997, F43620 B

             Philippe ROBINET, La Presse quotidienne: Un Exposé pour comprendre, un essai pour réfléchir, Flammarion Paris, 1999, coll. Dominos, F 10195 A/180 M

 sommaire & édito 103 * début "la une"

Théâtre et argumentation

Analyse comparative de deux scènes d'Andromaque, de Jean Racine (II, 2 & IV, 3)

Récit de Jean-Claude Lichtfus

Classe de 6e T électromécanique, IND Malmedy

Article déjà en ligne

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