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JULIBEL, le français d'aujourd'hui

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SOMMAIRE 

numéros parus depuis 1990

 

 

Publiés en version "papier" de septembre 1993 à mars 2004, les numéros 074 à 116 de la revue pédagogique LMDP seront progressivement mis en ligne.

Une cinquantaine d'articles parus dans cette série sont déjà sur notre site Internet : voir la page sommaire (titres en couleur rouge) ou la page archives. * Suivre cette mise en ligne

 

Numéro 086 - Septembre 1996

Mis en ligne : janvier 2015

 

Sommaire

 

1. ANDROMAQUE de Jean RACINE et la problématique du deuil

 

2. Aller "d'un sens à l'autre"... pour comprendre : la polysémie, comme ressource du jeu d'écriture

 

3. Recherche de sujets de disssertation

 

4. Scribe en marche arrière... ou: Petites machines à remonter (dans) le texte...

 

5. Surprendrel'élève en flagrant délit de maîtrise de l'expression orale et écrite ►

 

Édito

Pas de communication sans... partage

«Toute approche qui réduit les interlocuteurs à leurs cultures respectives plutôt que de chercher à utiliser les spécificités de chacun en vue de partager une expérience et une relation, prive la communication de tout intérêt véritable. Dans le monde tel qu'il se construit, il est urgent d'apprendre un dialogue qui ne se contente pas de mettre en présence les cultures déjà-là des divers interlocuteurs, mais qui tend à créer une culture commune entre eux.»

 Régine DELAMOTTE-LEGRAND, Une évidence qui ne va pas de soi: Faut-il apprendre aux enfants à communiquer?, in Le français aujourd'hui, n° 113 (mars 1996), p. 67.

Michel SERRES applaudirait ! Lui qui déclarait: Plus j'ai d'appartenances, plus je suis instruit... Et encore: Qu'est-ce que l'identité, sinon une intersection d'appartenances? 

 

ANDROMAQUE de Jean RACINE et la problématique du deuil

Article de Jean van der Hoeden déjà mis en ligne

 

Aller "d'un sens à l'autre"... pour comprendre

La polysémie, comme ressource du jeu d'écriture

Premier et deuxième degrés

 

 1. Donner aux élèves - sans commentaire - une liste de mots...             

 

ballottage boîte campagne compter déborder démonter éléphant enliser essorer fortune grave jouer rayer renvoyer vendre


Quelles réactions attendre de leur part?

Plusieurs, sans doute, découvriront sans peine leur mise en ordre alphabétique...; certains identifieront les classes grammaticales: beaucoup de verbes, quelques noms... un seul adjectif. Peut-être quelques recherches dans le dictionnaire: ballottage, enliser, essorer, rayer...

      Intéressant! Mais quoi d'autre encore?

 

 

2. Utiliser quelques-uns ces mots dans un texte bref

                         Au moins une phrase: extrait de dialogue, portrait, fait divers, injonction, texte humoristique...

                       Double contrainte d'écriture:

                                   *   adopter un type de texte déterminé (voir liste ci-dessus),

                                   *   faire apparaître clairement - grâce à son contexte - le sens du mot choisi.

La classe peut être répartie en groupes, qui reçoivent trois ou quatre mots pour composer avec chacun un ou deux textes...

Exemples (possibles, prévisibles...):

déborder

S'il continue à pleuvoir, les rivières risquent de déborder. (fait divers)

Voilà un conteur  qui déborde d'imagination, et qui invente des histoires merveilleuses! (portrait)

grave

En cas de grave pollution atmosphérique, ne pas faire sortir les enfants. (injonction)

«Comme ta voix est grave, aujourd'hui! Tu auras sans doute pris froid?» (repartie d'un dialogue)

compter

Mon petit frère sait déjà compter de un à cent! (portrait)

Les organisateurs du cortège comptaient sur le soleil... Mais il fit un temps épouvantable! (fait divers)

Et moi, je compte pour du beurre? - Oh non! chéri, tu comptes pour beaucoup!» (dialogue)

éléphant

L'éléphant, furieux, a foncé dans la foule. (fait divers)

Cet éléphant de béton au cœur de la vieille ville: un crime contre l'environnement! (humour, satire)

     

Constatations:

Un même mot - un même signe linguistique, ou signifiant - peut avoir des sens, ou signifiés, différents! C'est son contexte qui fait apparaître cette diversité de signification.

      Cas particulier:

      le mot pris, par extension et par analogie, dans un second sens, dit sens figuré, ou imagé:

      "un éléphant de béton"= un bâtiment massif, disgracieux... comme un éléphant;

      "déborder d'imagination"... comme un cours d'eau qui déborde.

 

A partir de leur production écrite,

les élèves découvrent un aspect important du lexique: à un signifiant, peuvent correspondre plusieurs signifiés.

Ils découvrent leur capacité de tirer parti, eux aussi, de cet aspect du lexique...

Et surtout, cet essai personnel d'ÉCRITURE va les préparer à une LECTURE plus efficace.

 début "d'un sens à l'autre" * sommaire & édito 086

3. Exploiter la double (triple...) signification d'un mot est fréquent dans certains types de textes: humour, satire, poésie.

Procédé qui peut en effet séduire, attirer l'attention, surprendre...

 

Reprenons dans l'ordre nos quinze mots du début. Voyons comment des écrivains, des journalistes, des publicistes... jouent sur la valeur des mots: tantôt par un glissement de sens, tantôt par le "flou" apparent de l'ambiguïté, tantôt par allusion à des faits culturels...

              

 

ballottage

Roger PEYREFITTE, Les Juifs, Flammarion, 1965, p. 208. - A propos de Tristan Bernard, qui était d'origine juive, lors d'une conférence donnée à Cannes au début de l'occupation allemande.

J'appartiens à la race élue... pour le moment en ballottage.

Origine et sens de l'expression race élue? Être en ballottage: à quel propos s'emploie l'expression?

On parle de l'humour juif... D'après cette citation, on peut tenter d'en amorcer une définition! Idem pour ce qu'on nomme l'humour noir.

Glissement de sens: de ballottage (mandat politique incertain...) à ballottage (menace d'envoi à Auschwitz ou ailleurs...) ; de élue (choisie, bénie...) à élue (maudite...) par une cruelle antiphrase.

              

boîte

Dans les années 80. - Aux obsèques de Gaétan Zampa, roi de la prostitution. Un assistant, montrant le cercueil:

C'est la seule boîte qu'il n'ouvrira pas!

               De boîte/maison close, bar louche..., à boîte/cercueil, le sème commun (ou trait lexical commun) de "chose fermée". Autres sens de boîte? Voir le dictionnaire. Quel registre de parole?

 

campagne

            André ARNAUD (journaliste de radio), Europe 1, 8 octobre 1987, journal de 12h30. Dans le sommaire, il évoque l'intervention de J. Chirac aux Assises du RPR:

Monsieur Chirac s'intéresse à la campagne et à sa campagne.

               Fin 87...: proximité de l'élection présidentielle (printemps 88). Campagne 1 renvoie à "origine corrézienne"..., à "ministre de l'Agriculture"... - Campagne 2 renvoie à "candidature à la présidence".

                                           

compter

                              Marcel AYMÉ (référence non précisée)

Les petites filles comptent sur leurs doigts,

les grandes filles comptent sur leurs jambes.     

               Rechercher des synonymes (ou quasi-synonymes...) des deux "compter".

              

déborder

               Message publicitaire, juillet 1978.

Eau de Lancôme : les gouttes d'eau qui font déborder le charme.

               Réécriture de quel dicton, ou proverbe? Effet de l'opposition gouttes/déborder? Réécriture et opposition sont des procédés assez fréquents dans le texte publicitaire: chercher d'autres exemples...!

 

démonter

               Raymond DEVOS, Ça n'a pas de sens, Denoël éd., 1968 (extraits).

«Où est la mer? - La mer, elle est démontée! - Vous la remontez quand? (...) Comment, il n'y a pas de pont? - Non. Il y en avait un, mais on l'a démonté. - Vous démontez tout ici, alors?»

               L'ambiguïté est chez Devos un moyen privilégié de susciter le comique. D'autres exemples chez cet auteur? Avec des mots à plusieurs sens, tentons de produire nous-mêmes cet effet comique.

              

éléphant

            Le Figaro, 16 août 1976, titre de l'article sur la Convention du parti républicain.

CONVENTION CIRCUS À KANSAS-CITY - La grande foire des éléphants

               On est en Amérique...: on comprend alors le choix du mot circus pour désigner un rassemblement politique. Et qui dit "cirque" dit "éléphants". Mais quel rapport entre "éléphant" et "parti républicain"?

              

 

enliser

               Philippe Bouvard, Journal non-stop, sur RTL (radio), 2 février 1976, parmi les "titres" du journal:

Le projet de rénovation du Marais est enlisé depuis quelques jours.

               enlisé (sens propre) et enlisé (sens figuré) ont quel sème (ou trait lexical) commun? L'intention de Ph. Bouvard dans ce jeu de mots? Voir "Marais" dans la partie culture générale du Petit Larousse.

  

essorer     

            Alfred KERN, Le bonheur fragile, Gallimard, 1960, p. 263. - La narrateur, qui est peintre, parle de son épouse Isabelle...

Et cet autre souvenir, presque poignant! J'avais accompagné Isabelle au Salon des Arts ménagers... Ces regards, cet émail blanc! Ces rêves de faïence bleue et jaune! Cette musique accompagnée des lueurs du chrome et du néon!... Il nous manquait une machine à laver; j'étais ressorti, vraiment essoré.

               Du sens propre au sens figuré, comme dans l'exemple précédent. Quel(s) synonyme(s) pour le sens figuré de essorer? L'intention du narrateur dans cette rapide évocation?

 

 

fortune

                              Pierre-Henri SIMON, Histoire d'un bonheur (Figures à Cordouan), Seuil, 1965, p. 194.

Celui-là [Léon Mercadier] n'en imposait pas moins aux hommes par la solidité de sa fortune qu'aux femmes par la réputation de ses bonnes fortunes.

               Quel(s) synonyme(s) de fortune et de fortune(s)? Observer la construction grammaticale après en imposait...!

 

grave

                              France-Musique (radio), en 1982: un quatuor de contrebasses... désigné par la phrase suivante:

C'est quand ça va dans l'aigu que ça devient grave.

               Aigu est l'antonyme de grave... Mais ici, grave est l'antonyme de quel adjectif? Un musicien (le professeur de musique...) pourrait nous expliquer la pertinence de cette appellation originale...?

 

 

jouer

            Didier VAN CAUWELAERT, Vingt ans et des poussières, Seuil, 1982, Folio, p. 22. - Un ancien du music-hall, nostalgique de sa renommée de jadis, entend quelqu'un dire:

               J'ai joué Siegfried.

               ...l'ex-artiste croit entendre un autre chanteur, et ça l'intéresse! En fait, ce Siegfried est... un cheval! Du prestigieux music-hall, on tombe platement - peut-être tragiquement - dans le champ de course. Méprise, quiproquo...: l'ambiguïté du lexique joue parfois des tours de ce genre. 

 

  

rayer

               Pierre FERRAN, Le cinquième jour, cité dans Éveil à la poésie de Michel ROUQUETTE, Colin, 1983, p. 199.

Du haut d'un nuage,

Les mains rouges d'argile,

Dieu contemplait les animaux:

- Je suis mécontent du zèbre, Dit-il à saint Rémi

Qui tenait la liste,

Il ressemble trop au cheval,

Rayez-le!           

Projet d'écriture: Clôturer un court récit humoristique par une forme (verbe, nom...) à double sens...?

 

renvoyer

                                   Antoine BLONDIN, Les enfants du bon Dieu, La Table Ronde, 1952, p. 2.

[Notre maison...] Pour le reste, on dirait d'un thermomètre, elle est haute et étroite, toute en fenêtres pour prendre le jour. Elle ne le renvoie pas. Je me demande ce qu'elle en fait. C'est d'ailleurs l'un des principes qui gouvernent la vie de la maison - ce peu de vie que nous avons en commun - de ne jamais renvoyer ni le jour, ni l'ascenseur, ni les bonnes.

               Les trois compléments de renvoyer donnent à ce verbe successivement trois sens différents: cherchons des synonymes ou quasi-synonymes. Quels autres moyens d'humour dans le reste du texte? Voir dans un dictionnaire, au mot zeugme (ou zeugma)!

 

vendre

               François NOURISSIER, Allemande, Grasset, 1973, coll. L. P., p. 191. - Durant la guerre 39-45, à Paris...  Lucien est du genre intellectuel distingué...

Il [Lucien] songeait seulement à cette malchance que ce doit être, en ce moment, pour un auteur, d'avoir ses livres réimprimés, placés à l'étalage, vendus. Les mots ont de ces cruautés...

               Pour comprendre ce passage... tout d'abord saisir le jeu sur le double sens de vendu; ensuite se remémorer cette situation historique particulière...: la guerre 39-45. Le livre (et l'auteur) vendu: l'honneur et... la honte!

début "d'un sens à l'autre" * sommaire & édito 086

 

 

4. En résumé... - Comprendre un texte, qu'est-ce que c'est?

 

      C'est tout simplement effectuer - entre autres - ces opérations que nous venons de proposer et d'effectuer sur les quinze textes ci-dessus. C'est-à-dire

                             

*    décoder des formes linguistiques, saisir leur sens d'après leur contexte... Par exemple:

               "renvoyer" peut avoir (au moins) 3 emplois, qu'Antoine Blondin combine par jeu dans son texte;

               "grave", en raison du contexte, n'est pas à comprendre comme l'antonyme de aigu...

              

*    se représenter les circonstances de l'énonciation:

              

les temps, les faits, les lieux, les personnes... concernées par le texte. Par exemple:

          "vendu", à propos d'un livre, peut concerner aussi son auteur..., et durant l'occupation ennemie, cela peut prendre deux significations!

          "jouer Siegfried", pour l'ancien artiste, c'est un rôle prestigieux..., pour l'autre personnage, c'est parier pour un cheval; ambiguïté levée par le troisième partenaire qu'est... le lecteur du roman.

         "éléphant", aux U.S.A., évoque souvent autre chose qu'un animal...

              

*   se rendre compte que, souvent, un texte en cache un autre, fait songer à quelque chose de "déjà lu ou entendu quelque part"... Par exemple:

          "race élue" peut rappeler un passage de la Bible, un texte sur le judaïsme...

          "les gouttes qui font déborder le charme": pour qui connaît un certain dicton, cela fait tilt...

début "d'un sens à l'autre" * sommaire & édito 086
 

Recherche de sujets de disssertation

 

Classe de sixième Récit de Baudoin DE GROOTE, Collège de Bellevue, Dinant

 

  

Prérequis:

 

Une introduction à la dissertation en classe de cinquième, qui met les élèves au courant du genre: citation limitée, métaphorique ou non, proposant une opinion sur un thème et ouvrant à un débat organisé.

 

Déroulement du travail:

 

* Dès la première semaine de rentrée, je demande aux élèves de se mettre en chasse aux "sujets de dissertation" dans leurs lectures: livres, films, revues de leur environnement.

* Je n'exclus aucune source (chanson, par exemple).

* Chaque élève propose ainsi cinq titres, dont il signale les références et, éventuellement, le contexte. Dans le meilleur des cas, j'obtiens la coupure du journal, ou une photocopie de l'article, de la page de roman, du texte de la chanson.

* Pour chaque élève, je retiens trois titres en essayant d'éviter les doublets, les titres conduisant plutôt à un exposé (L'eau protège l'homme, l'homme protège l'eau, par exemple), les titres trop abstraits...

* Pour chacune des dissertations de l'année, chaque élève peut puiser les titres qu'il souhaite traiter dans la liste publiée.

 

Avantages:

 

1. Les élèves sont amenés à s'approprier leur environnement culturel et à lire dans un but précis.

2. Ils ont déjà la possibilité de se documenter. Je leur recommande de conserver l'article entier d'où ils tirent le titre. Cela pourrait servir au moment de la rédaction de la dissertation, et cela peut éviter la panne d'idées. Les sujets étant donnés en septembre permettent une maturation longue, avec recherche de documents.

3. Ils cernent mieux ce qu'est le titre d'une dissertation et, accessoirement, on peut relier cela avec les notions d'aphorisme, de maxime...

4. Et, évidemment, j'évite ainsi les reproches traditionnels: Les sujets que vous donnez sont impossibles, On n'a pas assez de sujets.

    J'évite également la correction - monotone pour moi - de cinquante textes sur le même titre!

 

 Difficultés:

 

1. Le temps limité de la recherche - trois semaines - entraîne souvent une relative banalité des sujets.

2. Les élèves ne perçoivent pas toujours la logique du travail... Malgré des avertissements, ils choisissent des titres trop complexes, pour lesquels ils ne disposent pas d'éléments d'information suffisants.

3. Le recours aux dictionnaires de citations, au journal de classe de l'enseignement catholique, à l'anthologie Textes en archipels... - solutions de relative facilité - est fréquent.

    Malgré ses défauts, ce petit travail de début d'année permet de prendre contact avec la classe, de redéfinir avec les élèves un exercice d'écriture qui leur fait souvent peur.

  

Variantes:

 

La dissertation peut se combiner aussi avec un pastiche de l'écriture journalistique.

 

Consignes:

1. Chercher un dessin ou une photo qui présente une idée, susceptible d'illustrer un thème.

2. Ce dessin ou cette photo illustrera l'article (de x lignes, en imitant tel type d'article, ou tel journaliste) que vous écrirez sur le thème choisi.

3. On peut aller jusqu'à préciser l'espace prévu dans le journal (par exemple: 300 mots, 60 lignes...).

 

lllustration en exemple:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dessin de Plantu pourrait servir à écrire un article d'humeur sur les problèmes de corruption dans les sphères politiques aussi bien que sur les problèmes de sélection génétique...

 

 

 

Dessin paru dans Le Monde du 20 novembre 1992.

 

 

 

 

Scribe en marche arrière...

ou: Petites machines à remonter (dans) le texte...

 

Quelques gammes d'écriture

Premier degré

Article déjà en ligne

 

 

Surprendre l'élève en flagrant délit de maîtrise de l'expression orale et écrite

Classes de 3e * Récit et documents: Jean-Marie Pierre, ISMA, Arlon,

 

  

1. C'est le début de l'année scolaire...

 

...dans deux classes de troisième. Et c'est la traditionnelle "prise de contact" pour se connaître, pour introduire le cours et le parcours de français...

                             

*  Une rétrospective de ce qu'ils ont vu - ou disent avoir vu - l'année précédente: une occasion de découvrir comment ils se représentent la finalité du cours de français et évaluent leurs acquis.

*  Quelques tests habituels - mais bien utiles - de compréhension, d'orthographe...

*  Lecture - par les élèves - de textes relatifs à l'automne (Chantavoine, Theuriet, Gautier, Giono), et dans lesquels seront observés, plus spécialement:

               -  la présence de champs lexicaux (des mots "autour de tel ou tel thème"...)

               -  l'emploi de figures descriptives: comparaison, métaphore, personnification, métonymie...

 Pour préparer la phase "2", ci-dessous, on jette un rapide coup d'œil - dans le manuel C'est à dire - sur quelques outils de comparaison: comme, ainsi que, pareil à, on dirait...

 

 

2. Une période de cours est consacrée à la production orale de textes sur ce thème de l'automne.

              

Double contrainte:

 -  exploiter ces champs lexicaux de l'automne (pluie, vent, feuilles, arbres, brouillard...)

-  utiliser la comparaison, la métaphore, la personnification

               Un support utile pour ouvrir l'imagination...: une liste d'une vingtaine d'amorces de phrases est remise à chacun.

               Avantage du recours à l'oral:

               les élèves échangent immédiatement et peuvent ainsi se stimuler mutuellement à produire.

               Après cette production orale guidée et corrigée, il est demandé aux élèves d'écrire dix phrases, en guise de devoir: c'est de ce travail que sont tirées les 36 productions du corpus reproduit à la page suivante.      

              

              

3. Exploitation de ce corpus:

           

               Observer tout d'abord, dans les phrases produites, la capacité des élèves

                              de mettre en place un champ lexical (ou davantage),

                              d'employer des figures de style de façon pertinente, et parfois très habile.

              

               Ensuite valoriser l'écriture...:

               c'est important de faire découvrir à l'élève des aptitudes déjà bien en place...! 

               Les élèves ont pu remettre à leurs parents une copie de ces 36 phrases du corpus.

               Ceci peut jouer beaucoup pour engager des projets durant l'année scolaire qui commence.

              

               Enfin, voilà des matériaux en attente pour pratiquer ultérieurement, de façon plus systématique, certaines figures d'expression (comparaison, métaphore, litote, hyperbole...), ainsi que l'exploration du lexique (champs lexicaux, champs sémantiques, création lexicale dans l'évolution de la langue...).

 

 

Trente-six phrases d'élèves sur l'automne...

début "maîtrise de l'expression" * sommaire & édito 086

                             

Rappel des deux contraintes d'écriture:

               * un champ lexical en rapport avec l'automne.

               * emploi d'une figure de comparaison (comparaison proprement dite ou métaphore ou personnification).

 

En troisième A

1. Une petite feuille, vêtue de son chandail rouge, se prépare à rejoindre ses amies défuntes.

2. La pluie dresse un rideau de perles devant la fenêtre.

3. Les arbres se dressent, gardiens immobiles du mystérieux secret de la forêt.

4. Le brouillard était si épais qu'on se serait cru dans un nuage.

5. Les larmes d'eau tombaient du ciel, pareilles à des ruisseaux remplis de pleurs.

6. Les racines des chênes enserrent la maison comme les tentacules d'une pieuvre.

7. Dans le silence de l'automne, j'entends la pluie pleurer.

8. Une feuille de pommier, pas encore sèche après la pluie, servait de dossier aux gouttes qui se doraient au soleil.

9. Le brouillard faisait penser à un rideau impénétrable.

10. Les arbres, ces serviteurs assujettis par le vent, se courbaient devant leurs maîtres.

11. Les arbres abattus ou morts de vieillesse s'étalaient en un immense jeu de jonchets.

13. Le brouillard épais fait penser à un drap posé sur le paysage.

14. Les branches s'entrecroisent comme les mailles d'un tricot.

15. La pluie du matin fait pleurer les longues herbes du jardin.

16. Les feuilles s'embrassent grâce à la pluie qui les colle l'une à l'autre.

17. La brise harcèle froidement un massif de roses.

18. Ciel, tu es triste? Il pleut...

19. Les mains du vent giflaient rageusement les arbres.

20. Une feuille virevolte au vent: on dirait une danseuse emportée par son cavalier.

 

En troisième C

1. De son souffle puissant, le vent déshabille la forêt.

2. L'épais nuage de coton envahit soudain la vallée.

3. L'orage est si rude qu'il fait pleurer les vitres.

4. Dépouillés de leurs feuilles, les chênes tremblent comme des enfants apeurés.

5. Les deux bouleaux, dressés à l'entrée du sentier, ont l'air de monter la garde.

6. Bousculées par le vent, les feuilles s'accrochent désespérément aux branches.

7. La feuille, petit oiseau d'automne, vole gaiement dans le ciel.

8. La pluie me fouette le visage, tel un dompteur face à ses fauves.

9. Le brouillard est aussi épais qu'un mur.

10. Le brouillard s'éparpille, poussière sous les coups de balai du vent.

11. La pluie, qui coulait sur la vitre, faisait penser à des larmes ruisselant sur la joue d'un enfant.

12. Le brouillard emprisonne la ville, pareil à une araignée tissant sa toile.

13. Les arbres tendaient leurs branches décharnées, bras de squelettes sortant de leur tombe.

14. Le faible vent de ce matin est aussi doux qu'une caresse.

15. Les arbres se dressent, comme s'ils voulaient s'agripper aux nuages.

16. Le vent détache la fourrure des arbres.

 

              

Encore quelques propositions pour une poursuite de l'inventaire...

 

1. Quelles sont les phrases qui comportent un outil de comparaison (comme, pareil à...)?

 

2. Quel est le champ de référence des figures comparatives: humain, animal, non animé?

    Quel champ de référence est, de loin, le plus exploité?           

 

3. Décrire la structure des phrases, des formes comparatives (un point de départ intéressant pour "faire de la grammaire intelligente" à partir de production d'élèves): complément de phrase (ex. C1), consécutive (ex. C2), épithète détachée (ex. C4), apposition (ex. C7), relative dite explicative (ex. C11).

 début "maîtrise de l'expression" * sommaire & édito 086

 

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